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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.

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ratification du traité, sera reçu à coups de fusil ! Excitée parl’Angleterre, la Turquie proteste de son côté, exige une éva-cuation immédiate des territoires occupés, en réclame tout aumoins une portion pour elle, demandant à l’envoyé français,marquis de Bonac, de fixer les parts. Appliqué à mettre tout lemonde d’accord, Bonac a maille à partir avec le ministrerusse Niéplouief, qui l’accuse de trahir les intérêts de la Russieaprès avoir pris deux mille ducats pour les défendre. Il jetteà la porte l’insolent (I). Mais l’obstination doit triompherencore : en juin 1724, un traité de partage est signé à Con-stantinople, et si les limites qu’il détermine resteront pré-caires et illusoires, la Russie aura pris définitivement pieddans ces parages, et, de façon ou d’autre, un peu plus tôtou un peu plus tard, elle arrivera à y faire prévaloir soninfluence.

Envoyé à Constantinople pour l’échange des ratifications,Alexandre Roumiantsof se croisera en route avec une dépu-tation arménienne, allant à Pétersbourg pour solliciter l’appuidu Tsar contre la Porte. Déjà!

Un mouvement a été créé, qui ne s’arrêtera plus, et poséun problème à la solution duquel l’avenir de l’Europe paraîtralié encore à la fin du siècle suivant.

On pense bien que les députés de 1724 sont reçus à brasouverts. Avec un sens politique des plus remarquables, Pierrea aussitôt songé à faire de la protection des peuplades chré-tiennes du lieu, Arméniens, Gruziens, la base de son actiondans les pays à disputer aux Turcs et aux Persans. Hélas! iln’aura pas le temps de développer ce programme. Ses jourssont comptés désormais, et après lui ses héritiers, compro-mettant l’œuvre ébauchée, perdront un moment de vue jus-qu’à la route des Indes jalonnée de la veille. Les jalons reste-ront pourtant. La question d’Orient demeurera ouverte dansles termes mêmes que son génie aura improvisés. Il y a mis sagriffe. Jusqu’à sa mort, il ne cessera de se préoccuper du sort

(i) Solovief, t. XVIII, p. 58 et suiv. De Bonac ne parle pas de cet incidentdans ses rapports.