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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

de sa nouvelle clientèle chrétienne. Et en même temps, tou-jours impatient, ne pouvant se résoudre à attendre, il cher-chera, un peu à tâtons, une autre route, un acheminement deplus vers l’Orient lointain et mystérieux

Au cours de l’année 1723, dans le port de Rogerwick, ontravaillait avec la plus grande hâte et le plus grand secret àl’armement de deux frégates devant appareiller prochainementpour une destination inconnue. Le 12/2-4 décembre, elles met-taient à la voile, essuvaient une bourrasque et étaient obligéesde se réfugier dans le port de Revel. Le bruit se répandaitalors qu’elles devaient aller h Madagascar pour prendre pos-session de cette île, qui pendant deux siècles encore solliciteral’ambition colonisatrice des puissances européennes. Ainsi quebeaucoup de ses inspirations, c’est de la Suède que Pierreavait tiré celle-ci. Peu de temps avant sa mort, Charles XIIs’était mis en rapport avec un aventurier du nom de Morgan,fils probablement du célèbre chef de flibustiers anglais, HenriJohn Morgan (1637-1690), mort à la Jamaïque après une car-rière orageuse, au cours de laquelle il s’était emparé de l’isthmede Panama et y avait exercé quelque temps une autorité des-potique. Morgan se faisait fort d’ouvrir aux Suédois l’accès del’ile, où, à l’entendre, d’immenses trésors s’offraient à uneprise facile. Les pourparlers avaient été repris en 1719 avec lareine Ulrique-Éléonore, et des préparatifs avaient été commen-cés en vue d’une expédition, et c’est alors que Pierre, mis aucourant par ses agents de Stockholm, avait résolu de devancerses voisins. Mais, dans son imagination ardente, Madagascarne devait être, comme Bakou, qu’une étape. Après avoir oc-cupé l’ile et y avoir établi le protectorat russe, le commandantde son expédition à lui, l’amiral Wilster, devait poursuivre sacourse à l’est jusqu’aux pays fabuleux soumis au sceptre duGrand Mogol.

Ce n’était qu’un rêve. Avec sa hâte et sa fièvre habituelles,Pierre ne s’est même pas accordé le temps nécessaire pourobtenir les données les plus élémentaires sur sa future con-quête. Il n’a pas lu les documents dérobés à son intention