DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.
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dans la chancellerie de Stockholm, et, à tout hasard, il a ré-digé une lettre pour le Roi qu’il a supposé devoir régner surFile, en lui faisant observer que, pour le moment, le protecto-rat de la Russie valait plus que celui de la Suède. Les Suédoisétaient mieux renseignés. Il a fait aussi choix des deux pre-mières frégates venues, sans s’inquiéter si elles se trouvaient enétat de faire un aussi long voyage. Sa colère est extrême quandRapprend la mauvaise conduite des deux fragiles bâtiments. Ils’en prend à Wilster et à ses subordonnés; il tempête; il me-nace; il ne veut pas entendre parler d’abandonner son projet;il imagine des cuirasses de feutre et d’ais, destinées à recou-vrir les bois immergés et à en compenser la mauvaise qualité ;et il ordonne à l’amiral de se tenir caché à Rogenvick sous unfaux nom, en attendant un prochain départ. Peines perdues!Les frégates se refuseront décidément à faire leur devoir, lescuirasses de feutre seront introuvables à Revel ; au commence-ment de 1724, il est décidé que l’expédition sera remise à unedate ultérieure (1). Il n’en sera plus question du vivant dugrand souverain. Après lui, dégrisée de son ivresse maritime,la Russie a dû et a su mieux comprendre les ressources, direc-tions et limites naturelles de sa puissance colonisatrice. Elle va trouvé une part suffisamment belle!
(1) Golikof, t. IX, p. 300 et suiv. ; t. X, p. 370 et suiv. ; Revue maritimerusse, mars 1894.