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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LAPOGÉE. EN FRANCE.

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nières années dun règne ruineux ont fait leur œuvre depuis.

On couche à Boulogne et lon repart le lendemain pour cou-cher à Amiens; mais, à mi-chemin, le Tsar se ravise et pré-tend pousser jusquà Beauvais. Il ny a pas de relais préparés ;on lui en fait lobservation, et il ne répond que par des injures.Averti en toute hâte, lintendant de Beauvais, M. du Bernage,fait limpossible pour réunir les soixante chevaux indispensa-bles. De concert avec lévêque, il prépare à lévèché unsouper, un concert, une illumination et un feu dartifice. Ildécore le palais avec les armes du Tsar et sa chambre à coucheravec les portraits, peu ressemblants, jimagine, des grands-ducs de Moscovie, ses ancêtres. Soudain on apprend quétantmonté dans le carrosse du zélé intendant, le Tsar a tx - averséla ville précipitamment, a regrimpé sur son brancard, et sestarrêté, à un quart lieue de distance, dans un méchant ca-baret, « il na dépensé que dix-huit francs en tout pour son« repas et celui de ses gens au nombre dune trentaine, tirant« lui-même de sa poche une serviette dont il sest servi en« guise de nappe » . Le pauvre du Bernage en est réduit à impro-viser un bal que sa femme donnera à lévêché et on se con-solera de labsence du Tsar en songeant que les préparatifsfaits pour le recevoir nauront pas été absolument perdus (I).

Enfin le 10 mai au soir, le Tsar fait son entrée à Paris,escorté par trois cents grenadiers à cheval. On lui a offert lap-partement de la Reine mère au Louvre. Il a accepté, et, jus-quau dernier moment, on sest attendu à ly recevoir. Coypela été chargé dy nettoyer peintures et dorures. On y a faittendre, rapporte Sergent, « le beau lit que madame de Main-« tenon avait fait faire pour le Roi, qui est la chose du monde« la plus riche et la plus magnifique » . On a préparé dans lagrande salle du palais deux tables de soixante couverts magni-fiquement servies. En même temps le Louvre ayant paru tropétroit encore pour y loger toute la suite du souverain, on a

(1) Correspondance de lévêque de Beauvais et des agents du duc dOrléans auxAff. étr. de France, mai 1717. Voy. aussi, pour cette partie du voyage : Lemos-tev, Hist. de ta Régence, Paris, 1832, t. 1, p. 113.