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jugé à propos de réquisitionner — la salle des séances del’Académie française! Prévenue, le 5 mai, par un billet duduc d’Antin, intendant des bâtiments royaux, l’illustre com-pagnie l’a remercié de sa politesse et s’est empressée de démé-nager dans la salle voisine de l’Académie des inscriptions.Elle y restera jusqu’au 24 (1).
Toutefois, sur l’avis du comte Tolstoï, qui a devancé sonmaître dans la capitale, on s’est précaulionné, à tout hasard,d’un autre logis, moins somptueux, à l’iiôtel Lesdiguières.Bâtie par Sébastien Zamet, puis achetée aux héritiers du célèbrefinancier par François de Bonne, duc de Lesdiguières, cettebelle demeure de la rue de la Cerisaie appartenait, à cetteépoque, au maréchal de Villeroi, qui, logé aux Tuileries, aconsenti à la prêter. On y a fait aussi une grande dépense depréparatifs, mettant à contribution les tapisseries de la Cou-ronne, réquisitionnant encore toutes les maisons de la ruepour des logements supplémentaires (2). Comme s’il s’appli-quait à mettre en défaut toutes les prévisions, Pierre, enarrivant, se fait conduire au Louvre, entre dans la salle où ons’imagine qu’il va souper, jette un regard distrait sur le somp-tueux apparat qu’on y a développé pour lui, demande unmorceau de pain et des raves, goûte de six espèces de vin,avale deux verres de bière, fait éteindre les bougies dont laprofusion offense ses goûts d’économie, et s’en va. Il s’estdécidé pour l’hôtel Lesdiguières (3).
Il y trouve encore trop beau, trop spacieux surtout, l’ap-partement qu’on lui a destiné et se fait dresser un lit de campdans une garde-robe. De nouvelles tribulations attendent ceuxqui sont appelés à remplacer maintenant Libov et Maillyauprès de la personne du souverain. Saint-Simon dit avoirindiqué au Régent, pour cet office, le maréchal de Tessé,« comme un homme qui n’avait rien à faire, qui avait fort
(1) Registres de l’Académie française, 1895, t. Il, p. 26-29.
(2) Bcvat, Journal de la Régence , Paris, 1865, p. 269. Une plaque commé-morative a été placée récemment au n° 10 de la rue.
(3) Sercent, Lettre du 10 mai 1717.