L’APOGÉE. — EN FRANCE.
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ment et qui provoque, trois années plus tard, une réponse duclergé russe assez curieuse; débutant par un panégyrique dela Sorbonne, elle se termine par une constatation d’impuis-sance : décapitée par la suppression du Patriarcat, — une ré-forme de Pierre, — l’Église russe n’est pas à même de prendrepart au débat (1).
Les choses d’art intéressent moins le Souverain, et les joyauxde la couronne qu’on lui montre au Louvre, et dont on évalue leprix à trente millions, lui font faire la grimace : il trouve lasomme mal employée. Le maréchal de Villeroi, qui préside àl’exhibition, lui proposant à ce moment d’aller voir « le plusgrand trésor de la France», il a peine à comprendre qu’ils’agit du petit roi (2).
Il va à l’Institut le 19 juin seulement, veille de son départ.L’Académie française n’ayant pas été prévenue — on lui devaitbien cela pourtant ! — deux ou trois seulement de ses membressont là pour le recevoir. Ils lui montrent leur salle des séances,qui a failli servir de dortoir à quelques-uns de ses officiers, luiexpliquent l’ordre de leurs travaux, lui font admirer un por-trait du Roi, et c’est tout. Pierre sera mieux traité à l’Acadé-mie des sciences, qui se trouvera, elle, au grand complet, nonsans que je soupçonne le Souverain d’une part de complicitédans l’événement. Les curiosités du Dictionnaire ne pouvaientavoir pour lui qu’un médiocre attrait. A l’Académie dessciences, il examine la Machine à élever les eaux de M. LaFaye, XArbre de Mars de M. Lemery, le Cric de M. Dalesse,le Carrosse de M. Le Camus, et remercie la Compagnie de saréception par une lettre écrite en russe (3).
lie même jour il assiste, dans une lanterne, à l’audience duParlement, qui se tient en robe rouge et en grande cérémonie,
(1) Cette réponse, rédigée par le chef du vieux parti ecclésiastique en Russie,lavorski, n’est parvenue à son adresse qu’indirectement. Officiellement, Pierre amis en avant d’autres fins de non-recevoir, dont la rédaction a été confiée au colla-borateur de son œuvre réformatrice dans le domaine de l’Église, Prokopovitch.Voy. P. Pierling, La Sorbonne et la Russie, 1863, p. 50 et suiv.
(2) Sergent, 29 mai 1717.
(3) Bulletin du bibliophile, 1859, p. 611 et suiv.