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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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loeüvre.

La découverte de la conspiration de Cellamare et celle de lacorrespondance de Schleinitz dans les papiers de laventureuxministre jetteront à nouveau sur ces relations un seau deauglacée. Le Régent sera dautant plus porté à sindigner dunecomplicité assez offensante, en effet, de la part du ministrerusse, que les manœuvres de Geertz ne seront plus à craindre.Le bourreau y aura mis ordre. Pourtant, la paix bientôt réta-blie avec lEspagne et lattitude conciliante du Tsar remettrontpeu à peu les choses sur lancien pied. Pierre tient à sortir deson isolement, et, en janvier 1720, Schleinitz en est de nou-veau à faire auprès du Régent assaut de mémoires sollicitantla médiation de la France. Il ne réclame plus quune déclara-tion écrite affirmant que le Roi na aucun engagement con-traire à limpartialité désirable chez un médiateur. Mais leduc dOrléans le prend de très haut : il a dit avoir désavouéCampredon ; sa parole 11 e vaut-elle pas toutes les écritures ?Et le Tsar finit par céder. Il cède sur tous les points,même sur ladjonction de lAngleterre à la médiation de laFrance, bien quil ait sur le cœur, de ce côté, des griefs consi-dérables (l).

Cet empressement et ce parti pris de condescendance avaientencore une autre raison, secrète celle-ci et devant désormaisdominer la politique du Souverain dans la suite de ses négo-ciations avec le Régent et avec la France. En juillet 1719, lemalheureux La Yie a héroïquement puisé dans son escarcelletrouée le port dune dépêche, afin denvoyer durgence àParis une nouvelle à sensation : le Tsar sest mis en tête defaire épouser au Roi sa fille cadette, « très belle et très bien« faite, et qui pourrait passer pour une beauté parfaite si la« couleur de ses cheveux nétait pas tant soit peu ardente » .Il sagissait de la princesse Élisabeth. Pierre avait dabordsongé pour elle à un petit-fils du roi dAngleterre (2). Éconduitde ce côté, il sest rejeté, avec sa promptitude et sa passionordinaires, sur lidée dune alliance française. Mais voici que

(1) Lettre du Tsar au duc dOrléans, 29 mai 1720. Aff. étr.

(2) Archives du prince Kourakine, t. II, p. 121.