L’APOGÉE. — EN FRANCE.
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sa diplomatie se trouve désemparée à nouveau sur les bordsde la Seine : à peine tiré de la fâcheuse posture dans laquellel’ont mis ses liaisons avec Cellamare, Schleinitz est accusé par-le Régent d’avoir trahi le secret des négociations auxquelles ila pris part. On ne traitera plus avec lui. Il est rappelé, maisne peut partir; comme de Verton, il est retenu par ses créan-ciers et, ayant engagé toute sa fortune dans les spéculationsde Law, précipité bientôt « à la dernière extrémité de mi-sère ( 1 ) » . Pierre se trouve réduit aux bons offices de La Vie.Et les confidences du pauvre agent commercial rencontrent àVersailles un accueil assez frais. Il faudrait que le Tsar com-mençât par faire sa paix avec la Suède. Le Tsar ne demandepas mieux ; il accepte le concours de Campredon, qui, auprintemps de 1721, fait la navette entre Stockholm et Péters-bourg. Mais quand l’adroit diplomate a mené à bien sa mis-sion pacificatrice, après y avoir employé toutes ses ressources,baisemains prodigués au Tsar et distributions de ducats an-noncées à l’oreille de ses ministres (2), le traité de Nygtadtsigné, Dubois, qui a pris la direction de la politique française,met en avant une autre exigence : avant d’entrer plus avanten matière, la France prétend faire accepter à la Russie samédiation pour la réconcilier avec l’Angleterre. C’est mainte-nant la grande affaire du Régent et de son ministre. Soit, onen causera; mais le Tsar a, de son côté, un autre sujet deconversation qu’il brûle d’envie de mettre sur le tapis, sanssavoir comment s’y prendre. On devine lequel. Ses projets, àla vérité, se sont modifiés. Dolgorouki, qui a remplacé Schlei-nitz à Paris, s’est laissé dire que le Roi était engagé à uneprincesse espagnole. Soit encore ; la France est assez riche enprinces pour qu’une Tsarevna y trouve, de toutes façons, unparti sortable. En novembre 1721, l’ingénieux Tolstoï croitenfin avoir imaginé un moyen pour entamer l’entretien. Avecun air de candeur, il met sous les yeux de Campredon unnuméro de la Gazette de Hollande, où se trouve annoncée la
(1) Villeroy à Dubois, 13 août 1721. Aff. étr. de France.
(2) Dépêche de Campredon du 23 mars 1721. Aff. étr. de France.