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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’APOGEE.

EN FRANCE.

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de Versailles ; le vaillant Campredon enfermé dans sa maisonet y contrefaisant le malade; de Bonac, enfin, à Constantino-ple, intervenant de sa propre initiative dans les démêlés de laRussie et de la Turquie, pour sauver l’avenir compromis d'unealliance inestimable (1). La science historique en France a desdémêlés séculaires avec le gouvernement de la Régence, où ilserait peut-être malséant à un écrivain étranger d’intervenir,en contredisant des historiens qui sont ses maîtres. Il peut luiêtre permis cependant de laisser parler les faits. Campredonn’a pas envoyé quinze courriers au cardinal Dubois ; il eneût été bien empêché! Le voyage d’un courrier de Pétersbourgà Versailles comportait, à cette époque, une dépense decinq à six mille livres, et à ce moment, privé de ses appoin-tements qui se sont trouvés en retard depuis une année, lediplomate français avait surtout des raisons d’économie pours’enfermer chez lui. Pour le service des dépêches extraordi-naires entre les deux capitales un seul couple de courriers,voyageant de conserve pour plus de sécurité, a été employépendant toute la durée de sa mission. Le marquis de Bonac.de son côté, n’a pas eu à prendre conseil de son patriotismeseul et de sa perspicacité pour suppléer à Constantinoplepar une action personnelle aux défaillances de la diploma-tie française sur les bords de la Neva; il n’a fait en sommequ’obéira des instructions très précises, anciennes déjà, maisconstamment renouvelées jusqu’en janvier 1723 (2). En der-nier lieu, après avoir envoyé à Campredon, à la fin de 1723,des ordres engageant à l’extérieur la politique française dansune voie nouvelle et hérissée de difficultés, le cardinal n’a puse laisser absorber en 1724, ainsi qu’on l’en a accusé, par lessoucis de son gouvernement intérieur et de sa situation per-sonnelle, jusqu’au point de laisser son agent, pendant près d'unan, sans instructions nouvelles : il était mort!

Le cardinal a laissé en effet sans réponse, pendant six mois

(1) Voy. entre autres : Vasdal, Louis XV et Élisabeth, Paris, 1882, p. 64-65.

(2) Instruction à de Bonac du 6 janvier 1723. Dépêche de de Bonac à Duboisdu 5 janvier 1723. Affaires étrangères de France (Turquie, vol. 65).