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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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loeuvre.

au juste, aussi bien les dépêches de Campredon que les mé-moires du baron de Schleinitz et ceux du prince Dolgo-rouki. Mais ce long silence na pas suivi, ainsi quon l aimaginé, lenvoi de ses premières instructions relatives aux ou-vertures diplomatiques dun caractère si exceptionnel qui luisont parvenues à ce moment par diverses voies de la part duTsar; il a précédé cet envoi, et, à ce moment, il a été parfaite-ment justifié. Lincident se place entre le printemps et lau-tomne de 1722. Ayant fait sa paix avec la Suède, Pierre amodifié brusquement ses vues sur lalliance française. Il nyapercevait jusquà présent quun expédient de guerre; il enfait maintenant la base de tout un édifice politique dans lequel,aux deux extrémités de lEurope, la Pologne et lEspagne sontcomprises. Et il a imaginé de couronner cet édifice par unpacte de famille, un mariage prestigieux. Au fond même toutela construction na été projetée que pour ce couronnement.-dessus, ayant lancé cette fusée, il a quitté sa capitale, sen-gageant dans une expédition passablement aventureuse à issueproblématique. Il a fait sa campagne de Perse. Son absence aduré six mois. Le silence de Dubois a duré autant. Jincline àpenser que le cardinal a pris dans la circonstance le meilleurparti, et jajoute que Campredon en a lui-même jugé ainsi. Etil na pas multiplié des courriers introuvables, et il ne sestpas impatienté, si ce nest dêtre laissé sans argent; maisses goûts assez prononcés de dépense et de faste en ont seulssouffert.

Au mois doctobre 1722, on apprenait à la fois à Versaillesle succès relatif de lexpédition de Perse, la probabilité dunconflit nouveau entre la Russie et la Turquie et lenvoi àVienne dIagoujinski, quon supposait chargé dune négocia-tion importante. Aussitôt Dubois jugeait le moment venu deparler, et, si distrait quil ait pu être par la crise que sa lutteavec Villeroy a déchaînée simultanément dans le gouverne-ment de la Régence, il arrivait à temps. Partis de Versailles le25 octobre 1722, les deux uniques courriers en emploi,Massip et Puylaurent, étaient rendus à Moscou le 5 décembre,