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L’OEUVRE
programme de réformes ayant pour objet, non, certes, lamodification radicale, mais l’amendement du régime existant,son appropriation aux nouvelles exigences d’un établissementpolitique croissant en importance et en ambition. Ils y ontfait entrer la réorganisation de la force armée, et, comme con-dition de ce postulat, l’amélioration des finances, le dévelop-pement des ressources économiques du pays, l’encouragementà donner au commerce extérieur. Ils ont admis la nécessitéd’une prise de contact plus directe avec l’étranger et d’unappel à son concours. Ils ont eu en vue un commencement deréforme sociale par l’émancipation de la classe urbaine etmême par l’affranchissement des serfs. Enfin, avec Nicone, ilsont touché à l’Église et conséquemment à l’enseignement,l’Église demeurant la seule éducatrice en fonction.
Voici maintenant Pierre. Que fait-il d 'autre, de nouveau?Rien en réalité, ou pas grand’chose. Ce programme est le sien.Il en étend un peu les lignes ; il y ajoute la réforme des mœurs ;il modifie la nature des rapports déjà créés avec le mondeoccidental; mais il laisse intactes, lui aussi, les bases de l’édi-fice politique dont il a reçu l’héritage, et, au point de vuesocial, il reste même en arrière de ce que ses prédécesseurs ontconçu ou préparé. Son œuvre, on ne s’en est pas suffisammentaperçu, demeure relativement restreinte dans ses limitesgénérales, en dépit de l’universalité apparente de l’effort dé-pensé par l’ouvrier; très superficielle, même dans ces limites.C’est principalement, ainsi que je l’ai dit ailleurs, un travail dereplâtrage et de placage, et ce n’est pas un travail nouveau. IIa été inauguré avant lui. Ce qui change avec lui, ce sont lesconditions dans lesquelles ce travail sera désormais poursuivi.Ce qui est nouveau, c’est d’abord cette guerre interminablequi pendant vingt ans inspirera, dirigera et commanderal’ouvrier, et dont le résultat sera, d’une part, de précipiter lamarche de l’évolution antérieurement commencée et, d’autrepart, d’intervertir l’ordre naturel des modifications politiqueset sociales qui en font partie, au gré d’exigences momentanées,qui ne seront pas nécessairement en rapport avec les besoins