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L'OEUVRE.
Suivre ces résultats, au fur et à mesure de leur apparitiondans l’histoire du grand règne, serait une besogne ingrate etne pouvant aboutir qu’à une sensation de chaos. Jusqu’à uncertain point leur réalisation s’est produite dans un ordre dé-terminé par le grand élément initiateur que j’ai signalé. Laguerre a naturellement mis d’abord à l’ordre du jour les ré-formes militaires, et celles-ci ont provoqué des mesures finan-cières, qui àleur tour ont sollicité des entreprises économiques.Mais cet ordre n’a eu rien d’absolu. L’essai de réorganisationmunicipale, tenté au début même du règne, pourrait diffi-cilement y rentrer. Je m’en tiendrai, dans mon examen, àl’importance relative des objets. Toutefois, pour dégager lechamp assez vaste et fort encombré sur lequel cet examen doitporter et le mettre en même temps en lumière, je veuxd’abord en distraire quelques traits, qui dans l’ensemble del’œuvre réformatrice n’ont joué qu’un rôle accessoire et trèssecondaire, mais qui n’en ont pas moins passé, aux yeux dupublic, pour en renfermer l’essence même et toute la portée. Lepublic, dans sa conception des choses naturellement simpliste,ne s’est d’ailleurs trompé qu’à moitié. Ces traits, presque insi-gnifiants en eux-mêmes, ont une valeur d 'expression trèsgrande. En eux, le nouveau régime revêt sa physionomie et sonsymbole apparent. C’est pour cela qu’ils ont parlé le pluséloquemment à l’imagination des foules. Je veux dire : lecoupage des barbes, la suppression des Streltsy et la création deSaint-Pétersbourg.
II
La fin des Streltsy.
En revenant de sa première tournée en Europe, le jeuneTsar s’est montré à ses sujets vêtu de la défroque d’Auguste dePologne, costume des hommes de l’Occident qu’il n’avait pasporté jusqu’à présent sous leurs yeux. Quelques jours plus