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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

satisfaction et en rapportant des nouvelles excitantes : Pierres’est livré corps et âme aux étrangers, et, enfermée au Diévit-chyî Monastyr, sa sœur, la tsarevna Sophie, fait appel à sesanciens partisans, pour défendre le trône et l’autel contre unsouverain révolutionnaire et impie. Des lettres de l’ex-régente,vraies ou supposées, on ne sait, circulent dans les régiments.Un corps de Streltsy, deux mille hommes environ, est détachéde la garnison d’Azof et envoyé à Viélikié-Louki pour garnirla frontière polonaise. La séparation d’avec les camarades, lalongue marche d’une extrémité de l’empire à l’autre, exas-pèrent cette troupe. En temps de paix les Streltsy ont accou-tumé de rester chez eux. Elle est la première à se mutiner.Elle marche sur Moscou. Le général Chéïne va au-devant d’elleavec des forces supérieures et du canon, la rencontre le 17 juinen vue du monastère de la Résurrection, lui tue quelqueshommes, prend le reste, fait pendre quelques prisonniers aprèsles avoir mis à la question, et l’affaire semble terminée (1).

Il n’en est rien. Pierre, prévenu, hâte son retour et se résoutaussitôt à profiter des circonstances pour frapper un coupdécisif. Depuis l’enfance il a toujours vu les Streltsy en traversde sa route : ils ont massacré ses parents et ses amis; ils ontsoutenu contre lui le pouvoir d’une usurpatrice ; maintenantencore, parlementant avec Chéïne avant le combat qui les amis en déroute, ils ont osé de violentes attaques contre Lefortet les autres étrangers de son entourage. C’en est assez! Ilveut en finir et extirper du sol natal la semence des éternellesrévoltes et noyer dans le sang les sanglantes visions dont,depuis le berceau, ces hommes ont rempli son regard. Il ne secontentera pas de quelques coups de knoute et de quelquespendaisons. Il va tailler dans le grand, à sa propre mesure.L’enquête, sommairement conduite et clôturée par Chéïne etRomodanovski, est ouverte à nouveau et établie sur un piedsans précédent, croirais-je volontiers, dans l’histoire humaine :quatorze chambres de torture ( zastiénok) sont ouvertes au

(1) Archives de l’Etat à Moscou. Affaire des Streltsy; Solovief, t. XIV,p. 254.