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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

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pierre de fondation faisant défaut à cet endroit, le gazon laremplace. Quittant la hallebarde, il prend une bêche et inau-gure les travaux de terrassement. A ce moment, un aigleparaît, planant dans les airs au-dessus du Tsar, Un coup defusil l’abat. Pierre ramasse l’oiseau blessé, le met sur son poinget monte dans un canot pour inspecter les environs (1). Cela sepasse le 16 mai 1703.

L’histoire ajoute que les prisonniers suédois sont employéspar la suite à la continuation des travaux, et y meurent parmilliers. Les instruments les plus élémentaires manquent.Faute de brouettes, on porte la terre dans les pans des vête-ments! Une forteresse en bois est construite d’abord dansl’île portant le nom finnois de Ianni-Saari (île des Lièvres) :ce sera la future citadelle de Saints Pierre et Paul ; puis uneéglise en bois également et l’humble maisonnette dont Pierrefera son premier palais. L’année suivante, un temple luthé-rien, transporté plus tard sur la rive gauche du fleuve, dansle quartier de la Liteïnaïa, s’élève à proximité, ainsi qu’uneauberge, la fameuse auberge des Quatre Frégates , qui fait long-temps office d’hôtel de ville, avant de devenir un lieu derendez-vous diplomatiques. Enfin un bazar s’ajoute à ce groupede constructions modestes, les collaborateurs du Tsar s’éta-blissant à l’entour dans des chaumières semblables à la sienne.La ville est créée.

. Jusqu’à la bataille de Poltava Pierre ne songera cependantpas encore à en faire sa nouvelle capitale. D’y avoir une for-teresse et un port lui suffisait. U ne se sentait pas assez maîtredes pays avoisinant cette conquête, assez sur d’en conser-ver la possession, pour vouloir y centraliser son gouverne-ment et y fixer sa résidence. Il ne s’arrêtera à cette idée qu’aulendemain de la grande victoire (2). Sa décision a été, de lapart des historiens étrangers surtout, l’objet des critiques lesplus acerbes; jugée sévèrement et condamnée sans appel.Avant de dire ma pensée à ce sujet, je veux rappeler, en les

(1) Pylaief, Le vieux Pétersbourg, p, 16 et suiv.

(2) Voy. sa lettre a Apraxine du 9 juillet 1709. Cabinet, s. I, 1. 28.