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L’OEUVRE.
avant de recevoir leur armement ; une fois équipés, ils sonthors d’état de remonter le fleuve. Le port de Kronstadt estfermé par les glaces six mois sur douze, et orienté de tellefaçon que les bâtiments n’en peuvent sortir que par vent d’est.L’eau y est si peu salée que les bois pourrissent en très peu detemps. De plus, les forêts du voisinage ne fournissent pas dechêne; on est obligé d’en chercher au delà de Kasan! Pierres’est si bien aperçu de tous ces inconvénients qu’il a cherchéet trouvé pour ses chantiers un emplacement plus convenableà Rogerwick, en Esthonie, à quatre lieues de Revel. Seule-ment, il s’y est heurté à la difficulté de protéger efficacementla rade contre les bourrasques et contre les insultes de l’en-nemi. Il a cru y réussir en faisant avancer dans la mer deuxmôles construits avec des caissons en bois de sapin garnis depierres à l’intérieur. Les forêts de la Livonie et de l’Esthonie yont passé, et, deux fois emporté par la tempête, l’ouvrage a dùêtre abandonné. A Pétersbourg, d’autre part, la capitale gêne,dès le début, la ville marchande. La présence de la cour yrend la vie chère et chère par conséquent aussi la main-d’œu-vre, grevant de la sorte de frais très considérables les produitsd’exportation, qui, très volumineux en général, réclamentune grande dépense de manutention. Au témoignage d’unrésident hollandais de l’époque, une maison en bois, bien in-férieure à la plus misérable chaumière d’un paysan des Pays-Bas, coûte à Pétersbourg de huit cents à mille florins par an; àArhangel, un marchand vit convenablement avec le quart decette somme. Les frais de transport, qui, de Moscou à Arhan-gel, font neuf à dix copecks par poud; de Iaroslav à Arhan-gel, cinq à six copecks; de Vologda à Arhangel, trois àquatre copecks, s’élèvent entre ces mêmes localités et Péters-bourg à dix-huit, vingt et trente copecks. D’où la résistancedes marchands étrangers établis à Arhangel, quand on leurdemande de se transporter à Pétersbourg. Pierre y coupe courtà sa façon, en interdisant le commerce du chanvre, du lin, descuirs et du blé par la voie d’Arhangel. Légèrement atténuéeen 1714, sur les instances des États généraux de la Hollande,