LE NOUVEAU RÉGIME.
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la prohibition sera maintenue pendant toute la durée du règne.En 1718, le chanvre et quelques autres produits reçoivent lafranchise du port d’Arhangel, mais avec cette restriction queles deux tiers de tous les produits exportés devront être amenésà Pétersbourg. Voilà pour la marine et le commerce.
La capitale, elle, est gênée sur les bords de la Néva par lesraisons déjà indiquées et par toutes les autres circonstancesgéographiques, ethnographiques et climatériques, qui en fontaujourd’hui encore un défi au bon sens. Bizarre idée, a-t-ondit, pour un Russe que de fonder la capitale de l’empire desSlaves chez les Finnois, contre les Suédois (1); et de centra-liser l’administration d’un immense territoire au point le plusexcentrique de ce territoire ; et de prétendre se rapprocher del’Europe en s’éloignant de la Pologne et de l’Allemagne; etd’obliger son monde, fonctionnaires, cour, corps diplomati-que, à habiter sous le ciel le moins clément un des coins deterre les plus inhospitaliers qu’il soit possible de rencontrer.L’endroit est un marécage. Neva veut dire « houe » en finnois.Les forêts voisines ne sont hantées que parles loups. En 1714,deux soldats en faction devant la fonderie de canons sont dé-vorés pendant une nuit d’hiver. Aujourd’hui encore, en sortantde la ville, on entre dans le désert. L’immense plaine s’étendà perte de vue, sans un clocher, sans un arbre, sans une têtede bétail, sans un signe de vie humaine ou même animale.Nul pâturage, aucune culture possible. Les légumes, les fruits,le blé même viennent de loin. La contrée est à l’état intermé-diaire entre la mer et la terre ferme, et jusque sous le règnede Catherine les inondations demeureront, dans cette capitale,un accident chronique. Le 11 septembre 1706, Pierre, tirant desa poche l’instrument à prendre les mesures qu’il porte toujourssur lui, constate qu’il y a vingt et un pouces d’eau au-dessus duplancher de sa maisonnette. Tout autour il voit des hommes, desfemmes, des enfants à califourchon sur des débris de construc-tions charriés par le fleuve. Il fait part de ses impressions à
(1) Costihe, La Russie, Paris, 1843, t. I, p. 204