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L’OEUVRE.
auquel la peinture poussée au noir de la vie contemporainedes peuples occidentaux donne un fond d’ombre vigoureuse.C’est un des derniers refuges d’une thèse qui a éprouvé tropd’embai’ras à se maintenir sur ses autres terrains de combat.Il est devenu difficile à la longue de revendiquer tous les élé-ments de culture originale que la Moscovie du seizième oumême du dix-septième siècle aurait dû posséder pour répondreà l’idéal rêvé par ses adorateurs, lettres, arts, sciences. Ellene savait pas lire! Elle triomphait dans la morale. Ayantéchappé à la triple corruption du moyen âge, de la Renaissanceet des temps modernes, elle restait pure. Elle était sainte.C’est à voir.
11 est singulier d’abord que, sur le moment, personne,parmi les témoins ou même les participants de cette idylle,n’ait paru avoir conscience de son charme. Le témoignage desétrangers, Olearius, Margeret, Fletcher, peut passer pour sus-pect; mais que penser de tel passage des Mémoires de Jélia-boujski, auquel j’ai fait allusion déjà et où la chronique cou-rante se résume en un calendrier de procédure criminelle ?
En novembre 1699, le prince Féodor Flotétovski a reçu leknoute sur une des places de Moscou pour avoir vendu unseul et même domaine à plusieurs acheteurs. — En décembre,deux juges de Vladimir, Dimitri Divof et Iakovlef Kolytchef,ont subi la peine du fouet pour prévarication. Kolytchef s’estlaissé corrompre moyennant vingt roubles et une barriqued’eau-de-vie. — La même année, un gentilhomme du nom deZoubof est poursuivi comme voleur de grand chemin. Unvoivode de Tsaritsine, Ivan Barténief, accepte des pots-de-vinet enlève des femmes mariées et des jeunes filles pour en faireses maîtresses. Un prince Ivan Cheïdiakof est convaincu debrigandage et de meurtre (l).
(1) Jéliaboujski, p. 129, 130; Kons, p. 77-78. — Comp. Kostomarof, Ta-bleau de la vie domestique et des mœurs du peuple russe aux seizième et dix-septième siècles, p. 99-128; Biélaief, Leçons sur la législation russe, p. 404et suiv. ; Goltsef, La législation et les mœurs dans la Russie du dix-huitièmesiècle, p. 17 et suiv.