Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
470
JPEG-Download
 

470

LOEUVltE

personnelles vont très loin dans cette direction jusquaurégime de linstruction obligatoire et gratuite, prôné par Pos-sochkof. Le principe est même consacré par loukase du 28 fé-vrier 1714; mais son application restera bornée à une seulecatégorie délèves comprenant les enfants des diaks (employésdes bureaux administratifs) et des popes. Le Sénat refuse desengager au delà. Prendre au commerce et à lindustrie sonpersonnel dapprentis, nest-ce pas ruiner le commerce et lin-dustrie? Le Réformateur cède, se contentant de poursuivrecette application restreinte avec sa vigueur et sa rigueur accou-tumées : le fils dun diak, Pierre Ijorine, se refusant à étudierdans une école de mathématiques fondée à Olonets, un oukasedu Tsar le renvoie à Pétersbourg, les fers aux pieds (1). Desécoles, des écoles partout et toute espèce décoles, voilà lemot dordre.

Mais quelles écoles ? A cet égard, malheureusement, lapensée de Pierre reste assez longtemps flottante. Au début, ila semblé prendre parti pour le type pseudo-universel, à ten-dance littéraire, que linfluence polonaise et petite-russienneavait fait prévaloir jusquà présent. Au retour de son premiervoyage à létranger, il songeait encore à étendre simplementle programme de Y Académie moscovite. Sa rencontre avecGlück le précipite dans une autre tentative, qui pourtant suitla même piste; lancien maître de Catherine Troubatchof estbombardé demblée directeur dun établissement serontenseignées : la géographie, léthique, la politique, la rhéto-rique latine, la philosophie cartésienne, les langues grecque,hébraïque, syrienne, chaldéenne, française et anglaise, la danseet léquitation (2) ! Glück y perd le peu de latin quil possède.Et soudain, avec sa brusquerie ordinaire, le Réformateur seretourne; il a trouvé sa voie. Il lui faut des écoles profession-nelles, comme celles quil a vues en Allemagne, en Hollandeet en Angleterre. Mais il ne se donnera pas le temps dendévelopper un plan général, en commençant par le commen-

(1) Popof, Tatichtchef et son temps, p. 38.

(2) PiÉkarski, La science et la littérature en Russie, t. I, p. 128.