RÉFORME MORALE.
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pièces, ou à peu près, comme le reste. En 1700, déjà à Amster-dam il chargeait le Hollandais Jean Tessing, aidé par le Polo-nais Kopiewski ou Kopiewicz (1), d’y fonder une typographierusse. Un premier lot d’ouvrages traitant de sujets très variés :histoire, géographie, linguistique, arithmétique, art de laguerre, art de la navigation, a été ainsi publié. Traductions ouadaptations pour la plupart, sans aucune valeur scientifique,mais bons ouvrages de vulgarisation. En 1707, cette typogra-phie a essaimé, envoyant à Moscou un compositeur, un impri-meur et un fondeur, porteurs d’un alphabet russe d’un typenouveau. C’est 1 e grajdanski chrift, 1’ « alphabet civil », ainsinommé par opposition au vieil alphabet slavo-serbe conservépar l’Église. Pierre l’a fait adopter aussitôt pour une premièrepublication, qui est un traité de géométrie, et une seconde, quiest un manuel de compliments, traduit de l’allemand. Suiventdes traductions d’ouvrages se rapportant à la science militaire,dont le Tsar lui-même corrigeait les épreuves. Cet alphabetnouveau ne suffisait pas à la verve créatrice du Réformateur.Si, pour les féaux sujets de la reine Victoria, la langue qu’ilsparlent est volontiers T « anglais de la Reine », le « russe duTsar » est chose historiquement beaucoup plus véridique enRussie. En 1721, Pierre s’est avisé de charger le Saint Synode,récemment appelé à l’existence, de la traduction d’une partiede l’œuvre de Puffendorf. Une dispute s’est élevée, à ce sujet,au sein de la vénérable assemblée : lui convenait-il d’employer,pour le travail en vue, l’ancien parler slavon d’église, oudevait-elle adopter le langage courant, devenu très différentavec le temps ? Le souverain, intervenant dans le débat,tranche le différend d’une façon imprévue : on emploiera unlangage spécial, qui jusqu’à présent n’a guère servi qu’à lachancellerie diplomatique du Tsar et qui se ressent de ses ori-gines cosmopolites, un idiome tout farci de mots étrangers etde néologismes, un balbutiement de barbares épelant la civi-lisation européenne. Ce sera désormais la langue officielle ;
(1) II a écrit lui-mème son nom de deux manières.