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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LOEUVRE.

et occasionnera une dépense annuelle de 400 roubles (1). Dansles jardins qui entourent le Palais dété, soixante groupes defigures servant dornement aux jeux deau racontent au publicpétersbourgeois les fables dÉsope. Le texte des fables estaffiché auprès. Les figures en plomb doré manquent de beauté,mais lintention didactique est excellente.

Comme instrument de propagande intellectuelle, Pierre naeu garde doublier le théâtre. On sait peu de chose sur lhis-toire du théâtre en Russie avant le grand règne. Dans quel-ques cloîtres de Kief et de Moscou, plus tard à lhôpital delancienne capitale, des représentations périodiques avaientlieu, sinspirant des exemples donnés par les maisons dédu-cation des Jésuites. Gomme pièces, des sujets religieux ;comme acteurs, des séminaristes et des étudiants. Une miseen scène sommaire et un style très grossier. On en plaisantaitau faubourg Allemand. On racontait que, dans un spectaclefigurant lAnnonciation, la Vierge répondait à lAnge : «Est-ceque tu me prends pour une c.... (2)? » En 1672, année de lanaissance de Pierre, le théâtre faisait son entrée à la cour.Soumise au joug de lascétisme byzantin et aux préceptes dudomostroî, la première femme dAlexis, la Miloslavska, avaitété hostile aux représentations ; la seconde, dun caractèregai, dun esprit plus ouvert, leur ouvre les portes du Kreml.La troupe était allemande, mais on attendait delle quelle fîtdes élèves russes avec les élèves des bureaux dÉtat (poddia-tchyié ) quon lui donnait en apprentissage. Elle mettait enscène, avant Racine, lhistoire dAssue'rus et dEsther, londécouvrait des allusions à celle dAlexis et de Nathalie. Lamort dAlexis et les années troublées qui suivaient coupaientcourt à ces divertissements. Sophie passe, il est vrai, pouravoir fait jouer, vers 1680, à lintérieur même du terem, despièces de sa façon, une traduction entre autres du Médecinmalgré lui de Molière. Elle y aurait même paru comme actrice.

(1) Golikof, t. X, p. 42.

(2) Haicold, Bellay en zum neuveranderten Russland, Leipzig, 1770, t. I.

p. 399.