LA RÉFORME ECCLÉSIASTIQUE.
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son absence, et même parfois en sa présence, ce souverainspirituel se donne à Moscou l’air de présider au gouvernementséculier. Mais il accueillera la nouvelle de sa mort, en oc-tobre 1700, comme un bulletin de victoire.
II
Le Patriarcat.
Ce sont les conseils de Kourbatof, croit-on, qui décident lesouverain à ne pas donner au défunt de successeur immédiat.L’idée de la suppression du Patriarcat est-elle dès à présententrée dans son esprit? Cela n’est pas probable. Dépouiller lacharge vacante d’une partie de ses attributions, pour la re-mettre ensuite, réduite, moins pourvue d’honneur et de pou-voir, à un titulaire plus docile; profiter en même temps del’absence du maître pour balayer la maison et y faire les répa-rations urgentes, tel paraît être son plan actuel. Un oukasedu 16 décembre 1700 organise une administration provi-soire des affaires ecclésiastiques dans la forme collégiale,avec répartition des diverses catégories d’affaires entre uncertain nombre de bureaux, les plus importantes étant con-fiées, en principe, à un « gardien temporaire du trône pon-tifical ».
C’est encore un Petit-Russien qui est appelé à occuper ceposte. Évêque de Riazan et de Moscou, Étienne Iavorski estaussi un enfant de Kief et un élève des écoles étrangères. Depropos délibéré, Pierre lui retire la direction des monastères,confiée à un bureau présidé par un laïque, Moussine-Pouch-kine. C’est de ce côté qu’il a décidé de donner le premier coupde balai. Les couvents abritaient une énorme population flot-tante d’hommes et de femmes, dont la plupart n’avaientjamais songé à prononcer des vœux. Faux moines et faussesnonnes que les hasards d’une vie aventureuse, le désir de se