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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LOEUVRE.

soustraire à des devoirs pénibles, ou simplement lattrait duneplantureuse oisiveté ont engagés à revêtir le froc, se prome-naient dun monastère à lautre, battant entre temps les villeset les campagnes, et donnant partout le scandale de tous lesdérèglements. Deux mesures radicales sont aussitôt adoptées :recensement général du personnel monacal avec soumissiondes entrées et sorties ultérieures au contrôle du souverain;confiscation déguisée des revenus. Lhabit ne fera plus lemoine, et les revenus, centralisés au bureau dont Moussine-Pouchkine a la direction, seront répartis entre les monastèresau prorata de leurs besoins, le surplus devant être attribué àlentretien des hospices.

La réforme a un contre-coup que Pierre ne prévoyait pas.Laissé à ses propres inspirations, le clergé leût subie sansbroncher. Dans le domaine des choses matérielles, le pouvoirabsolu du Tsar est de tradition pour lÉglise elle-même. Surun refus de ses prêtres de contribuer aux frais de sa guerreavec les Tatars, Ivan Vassilévitch en prenait vingt et les faisaitcombattre avec autant dours dans une sorte de cirque (1).Pierre nétait pas tenté daller aussi loin, mais son porte-pa-role Prokopovitch dénonçait comme papiste toute prétentionà lindépendance dont prêtres ou moines se réclameraient vis-à-vis du Tsar (2). Lappel à la résistance arrive aux moines dudehors. Presque abandonnée par eux-mêmes, leur cause estépousée par dautres mécontents, déplacée en même temps,transportée sur le terrain purement religieux. Ce sont les ras-kolniks qui lèvent le drapeau insurrectionnel. Pierre a lieu denêtre étonné. Le raskol ne le touche ni de près ni de loin. IInétait pas quand, aux environs de 1666, ce soulèvementdâmes a été provoqué par les entreprises de Nicône, et il estresté très indifférent aux questions de rituel qui sont le fondde ce grand débat. Un sentiment de dédain mêlé de pitié pré-vaut dans la façon dont il parle des malheureux sectaires per-sécutés par lÉglise officielle. « Pourquoi en faire des martyrs?

(1) Galitsine, Mémoires , Paris, 1862, p. 410.

(2) Tchistovitcu, Biographie de Prokopovitch, p. 29.