LA RÉFORME ECCLÉSIASTIQUE.
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voir personnel et individuel du souverain lui-même. L’inap-titude de Pierre à la conception des idées abstraites n’auraitpas besoin d’autre preuve.
Lu dans une assemblée du Sénat et du concile des évêquesréunis, envoyé dans toutes les éparchies pour recevoir la signa-ture des évêques et des principaux archimandrites, le Règle-ment soulève une tempête de colère. On le prend pour ce qu’ilest, c’est-à-dire pour un pamphlet. Les auteurs s’y posent enmédecins des âmes, et, avant d’indiquer les remèdes dont ilsont fait choix, ils décrivent le mal avec une insistance terri-ble. Ils prétendent écarter de la prêtrise la foule des gens sansvocation, qui n’y entrent que par calcul. Les écoles épisco-pales, par lesquelles les candidats devront passer à l’avenir,et, jusqu’à l’établissement de celles-ci, des examens sévèresdevant les autorités compétentes, y pourvoiront. Ces examensporteront non pas seulement sur le savoir, mais encore sur lavaleur morale des futurs pasteurs. Le prêtre, selon le vœu dePierre et de Prokopovitch, ne doit pas être un mystique niun exalté. On devra s’assurer s’il n’a pas de « visions » ou des« rêves troublants » . On interrogera et sondera avec un sur-croît de rigueur les chapelains domestiques, instruments habi-tuels, dit le Règlement, d’intrigues obscures, créateurs demariages irréguliers. Quant aux desservants de chapelles entre-tenues par les veuves , ils seront supprimés purement et simple-ment. Suppression aussi des lieux miraculeux non reconnuscomme tels par le Saint Synode. Réduction du casuel, qui nedevra être alimenté que par l’offrande libre, et condamnationde la « taxe sur la mort » : le Règlement appelle ainsi la rétri-bution réclamée pour les prières à l’intention des trépassés,l’usage voulant que ces prières fussent prolongées pendantquarante jours. Un impôt prélevé sur les paroissiens devraseul subvenir aux frais du culte.
Mais c’est au clergé noir que le Règlement s’attaque le plusvigoureusement : défense pour les hommes d’entrer dans unmonastère avant l’âge de trente ans ; obligation pour les moinesde se confesser et de communier au moins quatre fois par an;