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L’OEUVRE.
introduction du travail obligatoire dans tous les monastères;défense aux moines de visiter les couvents féminins et mêmeles maisons privées; défense, d’autre part, aux nonnes deprononcer des vœux définitifs avant l’âge de cinquante ans,le noviciat prolongé jusqu’à cette époque ne faisant pas ob-stacle au mariage (I).
Le mécontentement est, cette fois, universel, mais n’arrêtepas le Réformateur. La publication du Règlement a lieu le25 janvier 1721, et le 11 février suivant, l’inauguration duCollège ecclésiastique, appelé ensuite Saint Synode, par unedéférence tardive envers la tradition byzantine. Le Patriarcatest supprimé. Une assemblée permanente, dans laquelle desimples prêtres prennent séance avec les évêques, reçoit lagarde des intérêts civils et religieux de l’Église, et aussi tousles pouvoirs, législatif, judiciaire, administratif, nécessaires àleur gestion sous la haute surveillance d’un délégué du gou-vernement. Elle est placée sur un pied d’égalité avec le Sénat,au-dessus de tous les autres collèges et organes d’administra-tion.
On n’oublie pas que la substitution des corps administratifsaux chefs d’administration individuels faisait partie, à ce mo-ment, d’un système très en vogue dans les pays occidentaux.En France, les ministres de Louis XIV cédaient la place auxconseils de la Régence, et Pierre revient de Paris. D’autre part,la révolution par lui opérée peut être considérée comme uneconséquence de l’évolution progressive, deux fois séculairedéjà, qui a modifié la constitution des Églises orientales. LeSaint Synode est destiné à faire office, dans une certainemesure, et du Patriarcat supprimé et du Concile absent. Gelaest si vrai que les six Églises d’Orient en viendront, l’une aprèsl’autre, à copier leur organisation particulière sur le même
(i) Le Règlement a été publié en russe dans le Recueil des lois , n° 3718, etnombre de fois dans des traductions allemandes. Voy. le Catalogue des Russica 9R. 265-268. J’ai eu entre les mains un exemplaire imprimé à Pétersbourg sous lerègne de Catherine II. Le paragraphe relatif aux chapelains des veuves y est sup-primé, tout en restant indiqué dans la table par une maladresse de l’éditeur.