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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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I.OEüVKE.

nest-elle pas à peu près celle du collectivisme moderne? Resteii savoir si, saffirmant déjà dans la législation dIvan III, leprincipe constitue un progrès.

En classant dailleurs ainsi et numérotant ses dvorianié,Pierre ne les tient pas quittes de ce quils lui doivent et peu-vent lui donner en leur qualité de propriétaires fonciers. Il enarrive à imaginer pour eux un rôle bizarre d intendants rurauxau bénéfice de lÉtat. Cest le sens propre de loukase du23 mars 1714 sur Y héritage unipersonnel, le iédinonaslédié,dont on a fait à tort une loi instituant le majorât. Avant dabor-der cette réforme, Pierre sest préoccupé, il est vrai, des mo-dèles que les législations étrangères pouvaient lui fournirpour sa réalisation. Mais, après avoir confié à Bruce le soin deréunir toute une bibliothèque douvrages traitant de lordredes successions pratiqué en Angleterre, en France et à Venise,il en est revenu finalement aux éléments plus proches du droitet de la coutume locale. Il a simplement fondu dans son oukaseles deux formes de propriété qui existaient dans le pays, lavoltchina (alleu) et le pomiestié (fief), ainsi que les principes quiaffectaient la transmission de lune et de lautre. Cest commecela quil a imaginé un droit dhérédité unipersonnel associéà la liberté testamentaire. Le dvorianine ne pourra laisser saterre quà un seul de ses enfants, mais il sera libre de choisirparmi eux. Ce nest pas lesprit du majorât; cest lesprit delautocratie transporté jusque dans le cercle du foyer domesti-que. Et cest autre chose que le majorât de toute façon. Pierresest sans doute préoccupé de lappauvrissement de ses nobles,et a espéré y remédier en arrêtant le morcellement des for-tunes. Il sen est préoccupé, bien entendu, au point de vue deson intérêt personnel, je veux dire de lintérêt de lÉtat. Pourle servir comme il prétend être servi, passer leur vie dans sesarmées ou dans ses bureaux sans rétribution aucune, et bâtirpar-dessus le marché des palais à Pétersbourg, les dvorianié ontbesoin dêtre riches. Or, ils sont généralement ruinés. DesRourikovitch sont réduits à gagner leur pain chez des particu-liers; un prince Biélosielski fait office de majordome dans la