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L’OEtJVRE.
anglais n’ont eux-mêmes pas réussi à s’acclimater en Russie.On n’en compte guère plus d’une quarantaine aujourd’hui en-core sur toute l’étendue de l’immense empire.
II
Les paysans.
En dehors des propriétaires fonciers, la population ruralede la Russie comprenait, à l’avènement de Pierre, deux groupesprincipaux de paysans, dont la condition présentait, au pointde vue politique, juridique et économique, des différencesprofondes : les Krestianié et les Holopy. La classe des hommeslibres cultivant la terre et ne participant pas à ce groupementtendait à disparaître. Les Krestianié avaient deux maîtres :l’État et leurs propriétaires; taillables et corvéables d’un côtéet de l’autre, asservis à perpétuité, susceptibles d’être vendusavec ou sans la terre par eux cultivée. Les Holopy, du moinsles Holopy Kabalnyié, ou paysans hypothécaires (une autrecatégorie, celle des Polnyié Holopy, ou paysans pleinementasservis, ayant h peu près disparu à cette époque), ne devaientrien à l’État et n’étaient attachés aux propriétaires de la terrepar eux cultivée que par un lien personnel, une sorte d’hypo-thèque — la kabala — consentie sur leurs personnes et s’étei-gnant à la mort du titulaire. Ils n’étaient aliénables d’aucunefaçon. La politique de Pierre vis-à-vis de cette populationest à deux faces : directement, il intervient en sa faveur parune série de dispositions conçues dans un sens libéral et huma-nitaire : ukases réduisant les ventes de serfs aux cas de néces-sité absolue et rendant obligatoire, dans ces cas, l’aliénationdes familles entières; commissaires spéciaux pour la répres-sion des abus, etc. (1). L’action indirecte de son gouverne-
(1) Recueil des lois,%% 94, 3770. Années 1719 et 1721.