CHAPITRE Y
l’œuvre économique.
I. L'industrie. — Idées directrices. — Leur grande portée et leur consistancerelative. — Causes qui en compromettent partiellement le fruit. — Une erreur,capitale. — Pierre prétend créer la vie industrielle et commerciale à coupsd’oukases. — La doctrine mercantiliste. — Le protectionnisme. — L’indus-trie de l'Etat. — Pierre fabricant de percale. — Situation précaire des établis-sements créés. — Le créateur finit pourtant par trouver un terrain fécond. —-L’industrie minière. — II. Le commerce. — Le monopole commercial.—Tendances libérales de Pierre. — Les exigences de la guerre l’obligent à yrenoncer. — Retour théorique au libéralisme. — Maintien, dans In pratique,des procédés arbitraires. — Le port de Saint-Pétersbourg. — Les canaux. —Les routes. — Le commerce des caravanes. — Le marché de la Perse et del’Inde. — III. L'économie rurale. — Pierre agriculteur et forestier.— Aperçugénéral. —Double obstacle au progrès économique, d’ordre moral et d’ordrepolitique. — IV. Les finances. — Le budget. — L’apparence et la réalité. •—Toujours les exigences de la guerre. — Politique de désorganisation et de bri-gandage. — La révision du cadastre. — Fâcheux résultats. — Encore lesexpédients. — Le déficit. — Retour à des idées plus saines. — Réforme géné-rale des impôts. — Remplacement de l’impôt foncier par la capitation. —Maintien partiel des anciens errements. — La faillite.
I
L’industrie.
A l’avènement de Pierre, l’industrie russe n’existait pas, etil n’y avait en Russie qu’un seul grand commerçant : le Tsar.Sous le duumvirat de Pierre et d’Ivan, une forte récompenseétait promise à un capitaine de vaisseau français pour l’intro-duction dans le pays du papier blanc, du vin et de quelquesproduits encore qui n’auraient pas chance d’y arriver autre-ment. A la même époque, le premier en date des économistesrusses, Possochkof, écrivait un livre —son Testament — dans