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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L'OEUVRE.

lequel il préconisait le mépris de la richesse. Vingt annéesplus tard, ce même auteur rédigera sur du papier blanc fabri-qué en Russie un Traité de la pauvreté et de la richesse, danslequel il singéniera à découvrir les moyens daugmenter lafortune des particuliers comme celle de lÉtat et mettra enlumière, avant Smith et avant Turgot, la supériorité du travailà la tâche sur le travail à la journée. Pierre aura fait sonœuvre.

Cette œuvre est considérable. Par la grandeur de leffort, lamultiplicité et lingéniosité des moyens employés, lenchaîne'ment logique des idées directrices, en dépit de quelques incon-séquences, elle mérite une place dhonneur dans lhistoire dugénial ouvrier. Augmenter le bien-être des particuliers tout endécuplant les ressources de lÉtat, créer simultanément denouvelles sources dimpôt et de nouvelles sources de produc-tion ; remplacer les importations étrangères par les produitsde lindustrie nationale ; stimuler lactivité du peuple et sonesprit dinitiative ; forcer les oisifs, moines, nonnes, men-diants, à prendre place dans les rangs des classes laborieuses;remédier à lindifférence ou même à lhostilité de ladminis-tration vis-à-vis des forces productives, à linsuffisance de lajustice, au peu de développement du crédit, à labsence de lasécurité publique, à linexistence dun tiers état; faire entrerenfin la Russie dans le mouvement économique contemporain,il a voulu et tenté tout cela.

Le succès de son entreprise sest trouvé en partie compro-mis par une coïncidence fâcheuse et par une erreur capitale.La coïncidence a été la guerre avec ses conséquences et sesexigences naturelles. Cest elle qui, dadversaire résolu desmonopoles, a rendu Pierre créateur de monopoles nouveaux,détruisant dune main ce que lautre édifiait. Lerreur a été sacroyance à la possibilité de créer la vie commerciale et indus-ti'ielle, de doter cette créature dorganes appropriés à ses be-soins, de lui donner des muscles et du sang, puis de gouvernerses mouvements, de la faire aller à droite et à gauche, commeil créait et faisait manœuvrer des régiments, à coups doukases