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L’OEUVRE.
d’efforts répétés finit par donner des résultats; le mouvementcréateur de vie se propage, grandit, et l’industrie nationaledevient une réalité.
II
Le commerce.
Son histoire est aussi à peu près celle du commerce national.En montant sur le trône, Pierre a eu grande envie de renonceraux droits régaliens qui faisaient de lui le plus grand et mêmele seul grand marchand de son pays. Mais il a dû subir la loide la guerre : il est resté marchand pour gagner de l’argent,et, comme il ne fait rien à moitié, il a augmenté le chiffre deses affaires au point de monopoliser plus entièrement que parle passé, en l’absorbant, la totalité du marché intérieur etextérieur. En créant de nouvelles branches de trafic, il n’a faitqu’augmenter la liste des monopoles. Acheteur en gros, ven-deur en détail, il débitait à Moscou jusqu’à du vin de Hongrie ( 1) !A un moment, absorbé par les soucis de son gouvernement etdéconcerté par l’irrégularité des revenus qu’il est arrivé à tirerde cette source, il a imaginé de les affermer. Menchikof a prisles poissonneries d’Arhangel, l’huile de foie de morue et lespeaux de loutre. Puis, l’espoir d’une paix prochaine diminuantses préoccupations financières, le souverain est revenu à sesinclinations naturelles, qui sont libérales. En 1717 le com-merce du blé a été déclaré libre, et en 1719 tous les monopolesont été supprimés. En même temps le Collège de commerce,créé depuis 1715, a commencé à développer une activitéféconde, s’occupant entre autres de l’éducation commercialede la classe marchande, envoyant par douzaines à l’étranger,en Hollande, en Italie, de jeunes sujets choisis parmi les fils desgros trafiquants de Moscou, dont le nombre augmentait rapi-
(1) Goukof, t. VI, p. 326.