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L’OEUVHE.
d’une grande ville d’entrepôt à l’embouchure du Iîour, oùcinq mille hommes, Tatars, Tchéremisses et Tchouvaches, tra-vaillaient au moment de sa mort, semblent bien indiquer unepareille pense'e. On peut dire qu’il y entrait une part d’hallu-cination et même de folie, le calcul raisonné des possibilités,des distances, des frais de transport n’y figurant assurémentpour aucune part. Mais en dépit de la hardiesse exagérée desdesseins, de l’oubli auquel les rejetait bientôt l’insouciance desprochains héritiers, un résultat était obtenu : la route amorcéedu marché de Perse et du marché de l’Inde fait partie d’unhéritage dont la Russie continue, même de nos jours, àrecueillir, à inventorier et à faire valoir l’actif colossal.
III
L’économie rurale.
II aurait manqué à cet homme presque universel d’êtreagriculteur. Il l’a été, et même passionnément. Dans l’histoirede l’économie rurale en Russie, son règne fait époque égale-ment. Et il ne se contentait pas d’apprendre à ses paysans àplanter les pommes de terre, comme fera plus tard Frédéric ;à ceux des environs de Moscou il montrait, outil en main,comment ils devaient s’y prendre pour couper leur blé ; àceux des environs de Pétersbourg, comment ils devaient con-fectionner leurs lapti (souliers d’écorce). U les tenait pour desécoliers dont il était le magister, et il leur interdisait de porterdes semelles à gros clous, parce que cela endommageait lesplanchers ; il fixait la largeur de la toile grossière qu’ils fabri-quaient dans leurs chaumières. Il admirait en France le jardind’un curé de campagne, et, sitôt revenu en Russie, se prenaità gourmander ses popes : comment n’en avaient-ils pas depareils ? Il s’occupait du choix des graines employées pour lessemences, de l’élevage des animaux domestiques, du fumage