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L’OEÜVRE.
quatre fois plus cher, au profit du Trésor. En 1700, il s’em-pare des taxes que les particuliers, propriétaires des places oùse tiennent les marchés, ont prélevées jusqu’à présent surles marchands. En 1704, il met la main sur les auberges.En 1705, il s’attribue le monopole de la vente du sel et dutabac. En 1707, il étend le système à toute une série de pro-duits comprenant les principaux articles d’exportation. Entretemps, il a mis à l’essai la refonte de la monnaie, conseilléepar Kotochihine, mais n’a réussi qu’à s’appauvrir en dimi-nuant de près de moitié la valeur du rouble (1).
Une tentative d’exploitation plus judicieuse des fermes del’État [Obrotchnyïéstaii) parla création, en 1704, d’un bureauspécial établi dans la maison de Menchikof ( Chancelleried’ijora ), a mieux réussi, en portant les revenus tirés de cettesource de 299,000 à 569,000 roubles ; mais les dépensesayant simultanément augmenté, la pénurie du Trésor est res-tée la même. Entre YHôtel de ville et les nouveaux bureaux derecettes, une lutte s’est engagée dès le premier moment, en-tretenant la confusion et le gaspillage. La grande réformeadministrative et financière de 1708 ne fera qu’apporter danscet état de choses un nouvel élément de trouble et de désor-dre. C’est la curée des revenus organisée entre les bureaux.En 1711, le budget du gouvernement de Moscou se trouve endéficit : on lui a attribué les revenus du prikaze de l’artillerie,qui n’a aucun revenu en propre, vivant sur les subsides quedoivent lui fournir les autres départements ! Disputes, récri-minations et confusion aggravée.
En 1710, toujours en guerre et toujours aux abois, Pierrese laisse suggérer le projet d’une révision de l’espèce decadastre, ou tableau des maisons habitées et des terres culti-vées, sur lequel est basé le prélèvement de l’impôt principalet traditionnel, vraiment national. L’opération donne un mau-vais résultat : on trouve, depuis 1678, date du dernier recen-
(i) Recueil des lois , 1799, 1977, 2014, 2015, 2132. Gomp. Storch, t. V,p. 131; Perry, Présent State of Russia , p. 249; Oustrulof, t. IV, 2 e partie,p. 641; Sbornik, t. XXXIX, p. 361; Milioukof, p. 204.