CHAPITRE YI
l’oeuvre politique.
I. L'administration. — L'esprit et la forme. — L’autonomie municipale. — Ellen’est en réalité qu’un expédient fiscal. — Les premiers huit gouvernements.
— Autre expédient. — La décentralisation administrative. — Le Sénat. —L’institution se développe spontanément et devient un organe centralisateur.
— Absorption et confusion des pouvoirs. — Le contrôle administratif et finan-cier. — Les fiscaux. — Leur impopularité. — Les procureurs. — Vicesgénéraux de ces créations. — Défaut d’unité et d’équilibre. — Les collèges. —Absence d’idée générale présidant à leur établissement. — Nouveaux élémentsde confusion. — Pléthore d’organes administratifs et indigence d’administra-teurs. — IL La police. — La répression du brigandage. — Le niveau moral dela société fait obstacle aux progrès poursuivis. — III. La justice. — Pierres’en occupe tardivement. — II veut tout faire à la fois et d’un coup. — Rai-sons de son insuccès. — Le régime politique général est la négation de l’idéede la loi. — La continuité de l’œuvre législative fait obstacle à la codification.
— Absence de principes juridiques et de juristes. — Aperçu général.
I
L’Administration.
Au point de vue du développement économique, social,intellectuel, la Russie reste aujourd’hui encore en arrière deses voisins et rivaux de l’Europe occidentale ; elle est arrivéedéjà à constituer un des plus formidables appareils de puis-sance humaine que le monde ait connus. Archaïque et asiatiquedans sa structure intime et dans son esprit, tout à fait moderneet européen dans son outillage et son aspect extérieur, cet appa-reil, avec ses côtés faibles et ses points de force, procède aussidirectement de Pierre. C’est le couronnement de son œuvre.
La réforme générale des institutions faisant partie de son