Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
531
JPEG-Download
 

LOEUVRE POLITIQUE.

531

temps de « surveiller de près la rentrée des impôts et tous lesintérêts de lÉtat « . Cétait tout ce quil leur apprenait de leursnouveaux devoirs.

Eux-mêmes, on le devine, avaient des idées peu développéesà cet égard, ne sachant en réalité comment sy prendre pourfaire ce qui les concernait, ni même ce quils avaient à faireau juste , et malheureusement le souverain pris à partie, inter-rogé en des monceaux de correspondance officielle, nétaitguère en mesure de les renseigner. Comment, pour commen-cer, faire sortir ladministration des finances des bureaux delHôtel de ville, elle était, et la faire arriver aux bureauxdes gouvernements, elle devait être? Eux et lui nen savaientrien. On était obligé dappeler Iiourbatof lui-même en consul-tation. Comment ensuite concilier les fonctions administrativesdes gouverneurs avec leur présence permanente à la tête descorps darmée quils commandaient? On se tirait daffaire enleur adjoignant des remplaçants, sous le nom de Landrichters .Comment enfin faire comprendre à ces administrateurs queleur rôle principal était celui de pourvoyeurs de la caissemilitaire?

La contradiction entre le but apparent de la nouvelle orga-nisation et son but réel se révélait ainsi et provoquait, dès ledébut, un conflit aigu. Pierre ne pensant quà soutirer de lar-gent aux administrations provinciales, et celles-ci croyant de-voir défendre les intérêts généraux de leurs administrés, unelutte sengageait, comme entre mauvais débiteur et créancierexigeant. De part et dautre, on jouait au plus fin; on usait desubterfuges, ici pour accaparer les disponibilités, pour lesdérober. Pierre avait le dernier mot, bien entendu, en recou-rant finalement à ses procédés familiers : un oukase du6 juin 1712 retirait simplement au gouvernement de Péters-bourg et attribuait à lamirauté les revenus dun certain nom-bre de localités ; le même jour, une somme de dix milleroubles était prélevée arbitrairement dans la caisse de ce gou-vernement pour le payement dun arriéré de solde auxFrançais et Hongrois servant dans l'armée. Et lexpédient