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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE POLITIQUE.

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II

La police.

Le fond moral sur lequel l’architecte a eu à asseoir sonoeuvre est entré pour une grande part dans les vices qui yparaissent. Comme son administration, la police du grandhomme s’en est ressentie. Le grand objet de celle-ci a été larépression du brigandage, cette plaie sociale que la grossiè-reté des mœurs, le penchant national à la vie nomade, lestroubles politiques du seizième et du dix-septième siècle ontentretenue et avivée. Or, le souverain avait beau y appliquerdes cautérisations au fer rouge ; toutes les classes de la sociétéentraient sur ce point en lutte avec lui. En 1695, un princeOubtomski et deux frères Chérémétief étaient pris, pillant enplein jour une maison de Moscou et massacrant les habi-tants (1). Les prédécesseurs de Pierre avaient contribué à aug-menter le mal en hésitant entre deux méthodes de guérison,tour à tour employées : l’extrême rigueur et l’extrême clé-mence. Les offres de pardon, les prières même avaient étémises à l’essai. Il n’était plus question d’hésitation mainte-nant, et l’on devine de quel côté se portait le choix du maître.Un oukase recommandait de couper le nez jusqu'à l’os auxbrigands que l’on jugerait à propos de ne pas pendre; mais unautre ordonnait de pendre sur-le-champ et sans exception tousceux sur lesquels on mettrait la main. L’effet du remède étaitdésastreux. De l’avis de Possochkof, de l’aveu de Pierre lui-même, le nombre des réfractaires augmentait. Ceci était laconséquence du régime général, trop dur, trop exigeant. Bri-gands et Cosaques révoltés n’étaient pour la plupart que desinsurgés. Il y avait des artels de malfaiteurs, comme ailleurs

(1) Jeluioujski, p. 19, 42.