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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVBE.

mais l’abondance et la continuité même de son œuvre législa-tive l’ont empêché de codifier. Le premier en date des codesrusses, le Soudiébnik d’Ivan Vassilévitch (1542), en est resté auxcombats judiciaires suppléant à l’insuffisance des preuves.L 'Oulojénié d’Alexis (1650) est plutôt un répertoire de jurispru-dence usuelle. En 1695, sous le double règne d’Ivan et dePierre, le besoin d’une nouvelle codification se faisant sentir,un oukase ordonnait aux bureaux administratifs ( Prikazes ) d’enpréparer les éléments. Ils n’y employaient pas beaucoup dezè le, peut-on croire, car en 1700 la besogne était renvoyéeau conseil des Boiars. Le conseil saisissait les Prikazes d’unedemande de matériaux, et en restait là. Il disparaissait, d’ail-leurs, peu après, et, pendant de longues années, Pierre lui-mème avait d’autres soucis en tête. En 1714 seulement, lacodification revenait à l’ordre du jour, et le Sénat, naturelle-ment, en était cette fois chargé. Il commençait par où leConseil avait commencé; les Prikazes finissaient, comme ilsavaient fini en 1700, par ne rien faire, et le travail s’arrêtaitencore.

Les défaillances communes avaient une excuse valable :comment codifier d’un côté, quand on légiférait de l’autresans désemparer? L’œuvre poursuivie par Pierre modifiait àchaque instant les conditions du problème; tout changeait,tout se faisait et se défaisait de jour en jour; une vague em-portait ce que l’autre avait apporté. Le Réformateur étaitamené, en 1719, à user d’un de ces moyens héroïques qu’af-fectionnait son génie. Plutôt que de codifier, pourquoi ne pasprendre un code tout fait? L’année d’avant, il avait été hantédéjà par l’idée d’une anthologie juridique, dans laquelle leslois suédoises et danoises auraient pris place, concurremmentavec un choix de produits législatifs indigènes. Il pensaitmaintenant aller au plus court, en adoptant simplement lecode suédois, dont on éliminerait les dispositions inapplicablesen Russie, sauf à les remplacer par des emprunts qu’on feraità VOulojénié de 1650. Pour mettre ce programme à exécution,le Sénat tirait de son sein en 1720 une commission spéciale, à