L’ARMÉE ET LA MARINE.
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Pas de recrutement régulier pour ce ramassis hétérogène ; unesimple convocation d’hommes armés appartenant à une seuleclasse, celle des propriétaires fonciers. Pas de préparation aumétier de la guerre : les exercices militaires en temps de paixsont inconnus. Pas de commandement organisé : la conduitedes troupes appartient de droit aux chefs de l’aristocratielocale, boîars, okolnitchyîé. Pas d’intendance : les hommess’équipent et se nourrissent comme ils veulent et comme ilspeuvent. Enfin cette armée est presque exclusivement com-posée de cavalerie, incapable par conséquent de répondreaux exigences de la guerre moderne.
Mais cet état de choses ne s’est pas perpétué sans modifi-cation jusqu’à l’avènement de Pierre. Dès le seizième siècle,le tsar Féodor Ivanovitch (1584-1598) a possédé quelquestroupes régulières, exercées et équipées à l’européenne. LeFrançais Margeret et le Livonien von Rosen ont commandé àson service un corps de deux mille cinq cents hommes com-posé principalement de Polonais et de Livoniens, avec quelquesÉcossais, Danois, Suédois, Impériaux, Français et Grecs (1).Les prédécesseurs immédiats de Pierre, Alexis et FéodorAléxiéiévitch, sont allés plus loin. Ils ont légué à leur héritierune première tentative de réforme générale portant sur lecommandement, le recrutement et l’organisation même del’armée dans un sens démocratique et dans une style moderne.Une commission établie en 1681, sous la présidence du princeVassili Galitsine, s’est proposé de faire prévaloir dans le choixdes chefs militaires le principe des capacités. En même tempsle service personnel des propriétaires fonciers a été remplacé,dans une certaine mesure, par une fourniture de recrues ( datot-chnylé) proportionnée à l’étendue de leurs terres. Enfin lesformations permanentes de troupes régulières, étrangères oumême indigènes, comprenant des régiments d’infanterie ontfait leur apparition.
L’œuvre personnelle de Pierre n’a été au fond que le dé-
(1) OüSTRIALOF, t. I, p. 179.