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L’OEUVRE.
covie n’était pas guerrière; les victoires des ducs de Moscousur les Tatares ont été le fruit d’une politique astucieuse etpatiente ; la Russie moderne a pu redevenir promptement batail-leuse et héroïque; Pierre a trouvé à fleur de peau les instinctspropres à opérer cette transformation, ce retour aux traditionslointaines de l’époque normande. U a vainement essayé d’allerau delà ; mais en donnant à son pays l’armée de Poltava il n’ena pas moins forgé un merveilleux outil, instrument de puis-sance matérielle à la fois et de progrès moral. La grandeuractuelle de la Russie a été faite avec lui.
II
La marine.
Je m’enhardirai à d’autres réserves en ce qui concerne lescréations navales, marine militaire ou marine marchande,contemporaines du grand règne. Dans ce qu’elles ont eu dehâtif et d’excessif à la fois, j’inclinerais volontiers à ne voirque le produit d’un instinct atavique, devenu irrationnel, euégard aux circonstances locales, et converti en caprice de des-pote. Les précédents, car il y a eu aussi des précédents danscette voie, auraient dû mettre Pierre en garde contre les en-traînements de son imagination. Sous le règne de MichelFéodorovitch, voulant utiliser le cours du Volga pour leursrelations avec la Perse, des marchands holsteinois ont sollicitél’autorisation de construire à Nijni-Novgorod un certain nombrede bâtiments; plus tard, Alexis Mihaïlovitch s’est fait armateurlui-même à Diédinof, au confluent de la Moskva et de l’Oka.Ces tentatives n’ont abouti qu’à des désastres : perte de vais-seaux hollandais sur la Caspienne, capture et incendie desautres par Stenka Razine, à Astrahan (I). La nature des
(1) ViéssiÉlago, Précis d'une histoire de la flotte russe, t. ï, p. 5 et suiv.