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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVUE.

vrai, que l’un des souverains ait observé les jeûnes avec quel-que rigueur, et que l’autre ait été tué pour avoir attenté auxdroits de l’Église. J’aperçois, dans ce fils et petit-fils de des-potes semi-asiatiques, certaines parties que nous dirionsaujourd’hui d’un homme libéral, comme aussi certaines autresqui sont d’un pur fanatique. Mais il n’était pas inculte et borné.Il lui arrivait d’avoir de l’esprit. On lui demande, au cours d’uninterrogatoire, comment il a osé prédire que l’on perdrait unjour Pétersbourg, et il répond : « On a bien perdu Azof! » S’ilest violent, grossier et brutal, c’est d’abord qu’on lui a appris debonne heure à boire à l’excès et qu’il est souvent ivre. Et s’il luiarrive aussi de tirer par les cheveux son second précepteur,Viaziemski, ou même de s’en prendre à la barbe de son confes-seur, le protopope Ignatief, ces emportements paraissent inno-cents, quand on les compare à ceux dont son père, tout le pre-mier, lui donnait journellement l’exemple. Violente, grossièreet brutale était la société entière au milieu de laquelle il vivait.

Je ne lui trouve même pas un parti pris absolu d’hostilitécontre le mouvement réformateur. Je l’aperçois s’intéressantau séjour que fait à l’étranger le fils d’un de ses serviteurs etaux études qu’il y poursuit, insistant pour qu’on apprenne à cegarçon le latin, l’allemand et même le français. Ce qui l’effrayeet l’indispose, dans la révolution par laquelle Pierre a vouluprécipiter ce mouvement, c’est l’effort trop grand, la secoussetrop violente, le trop brusque changement, et, sur ce terrain derésistance, il n’est pas seul. Les répugnances qui le mettenten désaccord avec son père sont partagées par une bonnemoitié de la Russie.

Jusqu’à l’âge de neuf ans, il reste auprès de sa mère. Celle-cin’a pas eu à se louer personnellement des premiers effets de laréforme, et l’enfant en sait probablement quelque chose.En 1699, la pauvre Eudoxie était enfermée au couvent deSouzdal ; ce fut sans doute un déchirement pour le fils et unecause de rancune précoce. La mère fut remplacée par desprécepteurs. Le père absent, absorbé par les soucis de laguerre, ne songera qu’assez tard à intervenir dans l'éducation