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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

conséquences naturelles de son second mariage. Indépendam-ment même d’une pression directe de la part de Catherine,l’enfant né de cette épouse aimée devait lui être plus cherque le fils de l’autre, la répudiée. Alexis était devant ses yeuxun reproche vivant; et l’on sait comment il avait l’habitudede traiter les choses et les hommes qui le gênaient. J’aurai àrevenir encore sur ce débat.

Conseillé par ses confidents les plus intimes, Viaziemski,Kikine, Ignatief, Alexis fait au coup droit qui lui est porté uneriposte hardie : se reconnaissant inapte au lourd fardeau de lacouronne, se sentant malade, affaibli de corps et d’esprit, et sevoyant enfin un frère susceptible de le remplacer, il offrespontanément l’abandon de ses droits. Il ne demande qu’uneretraite à la campagne avec les moyens d’y vivre paisiblement.Pierre ne s’attendait pas à être ainsi pris au mot, et cettepromptitude de renoncement lui semble suspecte. Il se donne,jusqu’au 19 janvier 1716, le temps de réfléchir, puis revientà la charge. Il avait, tantôt, invoqué Louis XIV et même leshéros de l’histoire grecque pour démontrer à son fils la né-cessité d’une attitude plus virile; il en appelle maintenant auroi David. Le roi David a proclamé cette vérité que touthomme est fait de mensonge. La retraite à la campagne estpour un tsarévitch chose à la fois inconvenante et fallacieuse.On en revient. Un héritier qui ne règne pas, mais reste prince,n’est ni chair ni poisson. Il faut choisir entre le trône et uneretraite plus assurée; se montrer capable de régner ou sefaire moine : telle est l’alternative. A lui de prendre parti;sinon il sera traité « comme un malfaiteur ».

Le cloître, « l’oubliette profonde, l’abri mortuaire qui tuesans bruit » , suivant le mot d’un historien-poète! Alexis a unfrisson d’angoisse. II en réfère encore à ses amis. — « Bah!répond Kikine, on en revient aussi; le klobouque (bonnet demoine) n’est pas attaché à la tête avec un clou. » En troislignes, la réponse du fils est faite : il sera moine. Mais enadressant ce message à son père, il a soin d’en accuser le sensdans deux lettres simultanément remises à Euphrosine pour