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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L'OEUVRE.

du jeune prince ont-ils eu connaissance de ce détail? Ce seraitleur excuse. La décision à laquelle leur avis unanime poussele malheureux Alexis est, en tout cas, fort prompte. Il annonceà Menchikof qu’il part pour se rendre auprès de son père,demande mille ducats pour son voyage et la permission d’em-mener Euphrosine, obtient encore deux mille roubles duSénat et se met en route dans la direction de Riga, le 26 sep-tembre 1716. Mais son valet de chambre Afanassief, qu’illaisse à Pétersbourg, est instruit par lui, au dernier moment,de ses intentions secrètes : il ne songe pas à rejoindre le Tsar;il va à Vienne, pour se mettre sous la protection de l’Empereur.Kikine v est allé, voici quelques mois, pour sonder le terrain,et a envoyé des nouvelles rassurantes : l’Empereur ne livrerapas son beau-frère et lui donnera trois mille florins par moispour vivre.

A Libau, le fugitif rencontre sa tante, Marie Aléxiéiévna, etla met aussi dans la confidence de ses projets. Elle est effrayée :« Où prétends-tu te cacher? Il te trouvera partout. « Elle nel’encourage pas, mal disposée pour Pierre à cause de sonsecond mariage, mais ayant une idée terrifiante de sa toute-puissance. Alexis cherche à la rassurer, se rassure lui-mêmeavec les espérances données par Kikine et continue sa course.

Pierre sera assez longtemps sans savoir ce que son fils estdevenu. A la première nouvelle de sa disparition, il a lancé àsa poursuite ses plus fins limiers : Viéssélovski, son résident àVienne, Roumiantsof, puis Tolstoï, et une véritable chasse àcourre a commencé. « Nous sommes sur la piste; nous allonsjoindre la béte », sont les termes dont se servent les poursui-vants. La course durera près d’une année.

Le soir du 10 novembre 1716, le Tsarévitch s’est présentébrusquement, à Vienne, chez le vice-chancelier comte Schôn-born, et « gesticulant très fort, jetant à droite et à gauche desregards effarés, courant d’un bout de la chambre à l’autre « ,il a réclamé la protection de l’Empereur pour le salut de savie; il a accusé ses précepteurs de l’avoir mal élevé, Menchi-kof d’avoir ruiné sa santé en le poussant à l’ivrognerie, son