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L’OEUVRE.
de son père, avec l’intelligence et la volonté en moins, l’es-pèce de sensualité très grossière et pourtant affectée de senti-mentalisme qui transparaît dans la plupart des liaisons amou-reuses du grand homme. A Naples, Euphrosine décidera de sadestinée.
Roumiantsof l’y suivit d’abord, puis, revenant à Vienne,il se joignit à Tolstoï pour réclamer officiellement de l’Em-pereur la livraison du Tsarévitch. L’affaire était grave. LeTsar paraissait résolu aux moyens extrêmes ; or, avec l’arméequ’il avait en Pologne, il semblait fort capable de convertir enréalités les menaces qui perçaient sous le langage hautain deses agents. La Silésie était à sa portée et même la Bohême, oùil trouverait assurément un bon accueil au sein de la popula-tion slave du pays. Charles VI cherche à temporiser encore.Il écrit au roi Georges d’Angleterre pour l’intéresser à la causedu fils persécuté et veut voir la fin de la campagne en cours,qui n’a pas l’air de tourner à l’avantage du Tsar. Enattendant,il persuade aux deux Russes de faire eux-mêmes leurs affairesà Naples. Peut-être le Tsarévitch consentirait-il à se remettrede son plein gré entre leurs mains. Ils y vont, et une lutte s’en-gage, dans laquelle le comte Daun, le vice-roi, n’a pas le beaurôle. On lui a envoyé de Vienne l’ordre de faciliter aux agentsdu souverain moscovite une entrevue avec le jeune prince, decontraindre même au besoin ce dernier à l’accepter. Il leurouvre toutes grandes les portes du château de Saint-Elme, oùle fugitif a été enfermé. Il a compris que son maître avaitgrande envie de se débarrasser de son protégé, et il ne se trom-pait guère à cet égard. Tolstoï et Roumiantsof se chargeront dele pousser aux conséquences extrêmes de cette supposition.
Alexis a à subir un siège en règle. On lui montre d’abordune lettre de son père, menaçante et clémente à la fois, luipromettant le pardon de toutes ses fautes en échange d’uneprompte soumission. Sinon, le Tsar déclarera la guerre à l’Em-pereur et reprendra son fils de vive force. Il ne se laisse pasébranler. Mais alors le secrétaire du comte Daun, Weinhart,acheté avec quelques ducats, lui glisse dans l’oreille un avis