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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OPPOSITION.

ALEXIS.

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de coercition dont son père avait une si courante habitude.En mai, il accompagnait le Tsar à Peterhof, et ce n’était pasassurément pour une partie de plaisir. Plus tard, un paysan ducomte Moussine Pouchkine sera condamné aux galères pouravoir raconté qu’étant à la campagne avec le souverain, le Tsa-révitch avait été conduit dans une remise écartée, et qu’onavait entendu des cris et des gémissements sortant de ce bâti-ment (1). Mais, jusqu’au 14 juin, Alexis demeurait libre.

La veille de ce jour, Pierre a convoqué à nouveau une réu-nion de dignitaires ecclésiastiques et laïques et leur a remisune déclaration, dans laquelle, faisant appel à leur justice, illeur a demandé de prononcer, entre lui et son fils, lequel, encachant une partie de la vérité, a rompu le pacte de clémenceconsenti en sa faveur. Évidemment le souverain a fini partrouver dans les dépositions d’Euphrosine un prétexte à lareprise du procès terminé à Moscou. Mais pourquoi a-t-ilcherché ce prétexte? Peut-être s’est-il convaincu du dangercréé par la nouvelle situation de l’ex-héritier. Cette situation,il l’avait jugée précédemment inacceptable. Mais peut-êtreaussi a-t-il simplement cédé à l’attrait, à l’horrible entrainementde la procédure meurtrière qu’il s’est plu à remettre en mou-vement. C’est lui qui, croirais-je volontiers, est pris dans l’en-grenage. Ses instincts d’inquisiteur, de despote, de justicierimplacable se sont exaspérés. Il voit rouge.

Dans l’assemblée à laquelle il a fait appel, le clergé est forten peine du jugement à rendre ; il se tire d’affaire, au bout decinq jours, en invoquant tour à tour l’Ancien et le NouveauTestament : le premier fournit des exemples qui autorisent lepère à punir son fils; le second en fournit d’autres, plus clé-ments, dans l’aventure du fils prodigue et delà femme adultère.Le Sénat réclame un supplément d’instruction. C’est sans doutele vœu de Pierre, et c’est la perte irrémédiable d’Alexis. L’af-freux appareil de souffrance et de mort ne lâchera plus sa proie.

Après une nouvelle comparution devant la haute assemblée,

(1) Messager russe, 1861, n° 21,