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L’OEUVRE.
qui ne donne comme résultat que la confirmation des anciensaveux : toujours l’histoire monotone et insignifiante des liai-sons entretenues avec les partisans de l’ancien régime, desespérances nourries en commun, le 19 juin le Tsarévitch estappliqué pour la première fois à la torture. Vingt-cinq coups deknoute et un aveu nouveau : Alexis a souhaité la mort de sonpère. Il s’en est accusé devant son confesseur et a reçu de luicette réponse : « Dieu te pardonne, nous la souhaitons tous. »Interrogé à son tour, Ignatief confirme la déposition. Mais, ensomme, elle ne porte que sur une pensée coupable. Ce n’estpas assez. Trois jours plus tard, le Tsarévitch est mis en pré-sence d’un questionnaire en trois points : « Pourquoi a-t-il« désobéi à son père? Comment n’a-t-il pas craint le châtiment« auquel il devait s’attendre? Pourquoi a-t-il songé à recueillir« l’héritage paternel par des voies illégitimes? » Alexis a, dèsà présent, perdu pied dans le gouffre où il se sent entraîné. Iln’a plus qu’un souci : couvrir Euphrosine. Il a été, croit-on,confronté avec elle et a entendu sortir de sa bouche des parolesqui mentaient à son amour, qui l’accusaient. N’importe ; ill’aime et l’aimera, jusqu’à la mort. Il charge tout le monde etse charge lui-même, en s’obstinant à la mettre hors de cause.Elle n’a rien su, rien fait, que de lui donner de bons conseils,qu’il a eu le malheur de ne pas suivre. Conçues sous l’empirede cette préoccupation, ses réponses au questionnaire révèlenttoute la pitoyable agonie de son âme : « J’ai été élevé par des« femmes, qui ne m’ont appris que des momeries, pour les-« quelles j’avais, d’ailleurs, naturellement de l’inclination. Je« n’avais pas envie de travailler, ainsi que mon père l’exigeaitb de moi. Viaziemski et Narychkine, à leur tour, ne m’ont« poussé qu’à bavarder et à m’enivrer avec des popes et des« moines. Menchikof seul m’engageait au bien. Ainsi peu à peu« non seulement les entours de mon père, mais sa personne« elle-même, me sont devenus odieux, et mon séjour à l’étran-« ger, où mon père m’a envoyé pour mon bien, n’a pas suffi« à m’amender. Que je n’aie pas redouté davantage sa juste« colère, cela vient de ma mauvaise nature. Depuis mon