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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OPPOSITION.

ALEXIS.

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VII

Voici la version officielle : « En entendant la lecture dujugement, le Tsarévitch a été frappé d’une espèce d’apoplexie;rappelé à lui, il a demandé à voir son père, a encore confesséses fautes en sa présence, a obtenu son pardon et a rendu ledernier soupir au bout de quelques instants. » Pierre, affir-ment les documents émanant de la même source, inclinait à laclémence, mais, « dans cette incertitude et fâcheuse agitation,« il a plu au Dieu tout-puissant, dont les saints jugements« sont toujours justes, de délivrer par sa bonté toute divine la« personne du souverain et son empire de toute crainte et de« tout danger ». Le corps du prince a, d’ailleurs, été exposépendant huit jours, « avec permission à tout le monde de levoir, afin qu’on pût juger qu’il était mort naturellement (1) ».

La mort naturelle du prince a donc fait l’objet d’un doute.Ce n’est pas seulement le doute, c’est l’affirmation catégoriqued’un dénouement contraire, qui paraît dans toutes les autresversions contemporaines de l’événement. Il n’y a de désaccordque sur la nature de la mort violente. Le résident impérial,Pleyer, veut que le Tsarévitch ait eu la tête coupée dans saprison, et Scherer va jusqu’à désigner le bourreau, c’est legénéral Weyde. Une demoiselle Krahmer, fille d’un bourgeoisde Narva, a passé dans la légende pour s’être employée àrecoudre la tête du supplicié au tronc, de façon à faire dispa-raître la trace de l’assassinat (2), ce qui ne l’a pas empêchée dedevenir plus tard maîtresse de cour de la grande-duchesseNathalie, fille de l’assassiné ! Staehlin sait seulement qu’elle a

(1) Mémoire présenté par Kourakine aux Etats généraux le 6 août 1718.Archives de la Haye. Relation fidèle de ce qui s’est passé au sujet du jugementrendu contre le prince Alexis et des circonstances de sa mort, s. 1., 1718.(Publication officielle.)

(2) Dolgoroekof, Mémoires, t. I, p. 10.