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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

été chargée d’habiller le cadavre du prince (1), sans qu’il puisseexpliquer autrement son intervention. Mais Henri Bruce ra-conte l’histoire d’une potion que le général Weyde est allédemander pour le prince au droguiste Behr, qui est devenutout pâle en lisant l’ordonnance (2). On trouve aussi, dans unrecueil d’anecdotes publié en Angleterre (3), l’hypothèse d’unpoison dont aurait été imprégné le papier remis au Tsarévitchavec le prononcé du jugement. Une lettre d’Alexis Boumiantsof,dont de nombreuses copies manuscrites ont circulé, seraitconcluante. L’auteur v raconte à un de ses amis, DimitriTitof, que le Tsarévitch a péri par ordre du Tsar, étouffé avecdes coussins, les exécuteurs de la volonté du souverain étantBoutourline, Tolstoï, Ouchakof et lui-même. Mais l’authenticitédu document est contestée (par Oustrialof entre autres) et con-testable. De Bie et Villebois tiennent pour un coup de lancette,qui aurait ouvert les veines du prince ; mais ils n’ont recueillique des on dit. Les récits les plus détaillés sont ceux de Lefort,conseiller plus tard de la légation de Saxe et employé alors auservice du Tsar, et du comte Rabutin, qui a ultérieurementremplacé Pleyer comme résident. Ils ne diffèrent que sur despoints très secondaires. « Le jour de la mort du prince,« raconte Lefort, le Czar, à quatre heures du matin, accom-« pagné de Tolstoï, se transporta à la forteresse dans un des« caveaux voûtés, où il y avait la potence et les autres prépa-« ratifs pour donner les knoutes. L’on y mena l’infortuné,« auquel, après l’avoir élevé, on donna divers coups de•i knoute, et ce que je ne saurais croire, quoique l’on m’ait as-« suré, le Père porta les premiers coups. A dix heures avant« midi, on fit la même expédition, et, vers les quatre heures,« il fut si maltraité qu’il mourut sous le fouet (4). » Rabutinest plus affirmatif, et il met aussi Catherine en cause. Pierre airappé, et, « comme il ne savait pas bien manier (le knoute),

(1) Anecdotes, p. 322.

(2) Mémoires, p. 186. L'authenticité de ces Mémoires est contestée.

(3) A select collection of singular historiés, Londres, 1774, t. II, p. 123.

(4) Herrmann, Geschichte Russlands, t. IV, p. 330.