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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LOEUVRE.

« nouvelles pour donner un certain éclat et pour éblouir; ce« nest plus ce guerrier intrépide qui ne craint et ne connaît« aucun péril, mais un prince lâche et timide, et que la bruta-« lité abandonne dans les dangers. Cruel dans la paix, faible« dans la guerre... (1). »

Je marrête. Si tôt a commencé et si loin est allée, autourde lauguste mémoire, léternelle querelle qui arrache lesgrands morts à la paix du tombeau. A létranger, en Francenotamment, en Angleterre et même en Allemagne, le déni-grement a prévalu, depuis Burnet et Rousseau, Frédéric etCondillac, jusquà Leroy-Beaulieu, en passant par de Maistreet Custine. En Russie, lopinion publique et la critique histo-rique, un peu à sa remorque, ont suivi des courants divers.Un premier mouvement de brusque réaction sest dessinédabord, dans le sens dune exaltation passionnée du passécondamné par la réforme, et sest traduit dans le livre de Rol-tine. Le règne dÉlisabeth et surtout celui de Catherine II yont coupé court, et dans le livre de Golikof lécho retentissaitdu concert denthousiasme suscité par la continuatrice dugrand règne. Au commencement du dix-neuvième siècle,retour des idées réactionnaires, sous la double influence de laRévolution française et de lhégémonie napoléonienne ; lesentreprises révolutionnaires sont prises en dégoût; le senti-ment national se réveille en Russie aussi bien quen Alle-magne; le slavophilisme naît dun côté comme le germanophi-lisme de lautre. Pierre et son oeuvre sont condamnés. Puis,encore un revirement. Les opinions se tassent. Parmi lesreprésentants de lécole slavophile, quelques-uns en viennenteux-mêmes à modifier, en latténuant, le sens de leur verdictréprobateur. Pierre nest plus coupable davoir détourné laRussie de ses naturelles et plus heureuses destinées en la jetantdans les bras dune civilisation étrangère et corrompue. Il aeu seulement le tort de brusquer et de vicier, par cette préci-pitation et par la violence qui en est devenue linstrument-

(1) Remusberg, 13 nov. 1737. Voltaire, OEuvres, t. X, p. 45.