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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LE TESTAMENT DE PIERRE LE GRAND.

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tendances et ses aspirations naturelles. Je veux tout cela etbeaucoup d’autres choses encore. Je veux, avec Custine, quise rencontre à cet égard par une bonne fortune exceptionnelleavec un écrivain russe revenu sur le tard de son optimismeprimitif, le poète et historien Soumarokof, je veux que deconvertir « des hommes non poudrés en bêtes recouvertes de« farine » ou « des ours en singes (1) » n’ait pas été une trèsbrillante victoire. Je veux, avec Levesque, que de vouloiraccorder le progrès industriel, commercial et intellectuel avecl’aggravation du servage ait été une idée malheureuse. Onrampe vers la science, a dit aussi Joseph de Maistre, « on n’yvole pas» . J’en conviens toujours. Numa, a-t-il observé encore,n’a jamais songé à couper la toge des Romains, et moraliserun peuple en lui manquant de respect est un contresens et lapire des fautes. J’en tombe d’accord. Kostomarof lui-même,si enthousiaste pourtant, admet que les moyens dont le hérosnational a fait emploi pour imposer sa réforme, le knoute, lahache, l’arrachement des narines, n’étaient pas des mieuxchoisis pour éveiller dans l’esprit et dans le cœur de ses sujetsles idées et les sentiments dont cette œuvre aurait eu besoinpour s’acclimater en Russie : le courage civil, l’honneur, laconscience du devoir. Et je suis contre Pierre avec Kosto-marof.

Mais tout cela ne revient-il pas en somme à dire que lesTatares auraient mieux fait de ne pas envahir la Russie autreizième siècle, en la laissant libre de se civiliser à son aiseet à sa façon, au cours des siècles suivants?

Quant aux « semences de culture originales » que la Ré-forme de Pierre passe, aux yeux de ses contempteurs, pouravoir négligées ou même détruites, il en est de cette questioncomme de celle de l’art russe dans les constructions du Kremlmoscovite. La discussion entre archéologues et esthètes seheurte à la difficulté d’y relever des traits originaux d’architec-ture ou d’ornementation, en dehors des emprunts plus ou

(1) Custine, La Russie , Paris, 1843, t. III, p. 382; Soumarokof, Ber ersteÀufstand der Strelitzen, Riga, 1772, p. 15.