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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEÜVRE.

moins déguisés à l’art de Byzance ou de Rome, de l’antiquitégrecque, du moyen âge allemand ou de la Renaissance i‘a-lienne. Je ne crois pas, en somme, qu’il y ait eu, du fait duRéformateur, un déchet bien considérable de matériaux bienprécieux. Je vois un historien faisant un crime à Pierre d’avcirabandonné l’autonomie administrative d’Ordine Nachtclio-kine (1). Était-elle bien russe, cette autonomie, d’applicatior. sirestreinte, d’ailleurs, d’existence si éphémère? Ordine Nacht-chokine n’a-t-il pas, lui aussi et lui déjà, été un Occidental? Etde plus, comment accuser Pierre d’avoir répudié ce legs d unpassé voisin? Il a commencé par en faire la pierre angulairede son édifice ! Il n’en a pas tiré sans doute tout le parti dési-rable. Avait-il chance d’y réussir? L’exemple de Nachtchokinen’est pas pour le prouver. Et, à part cela, qu’a-t-il méconnuou supprimé d’essentiel? Il n’a pas touché au s amodierjaiié,et il n’a fait que vêtir à l’européenne ses tchinovniks.

Le prix de revient de ses réformes a été également trxéd’exagération. Elles ont coûté cher, en effet. Dans un pays oùle taux moyen des salaires ne dépassait pas quatre copecks parjour, soit douze roubles par an, elles ont réclamé, brusquemeat,un rouble d’impôt annuel par tête d’habitant! Et cette chargea été la moindre de toutes. En 1708, les travaux entrepris àPétersbourg ont demandé quarante mille hommes, qui tais,apparemment, ou presque tous, ont succombé à la tâche, carl’année suivante une nouvelle levée d’un nombre égal de tra-vailleurs a dû être faite. En 1710, il n’a fallu que trois mileremplaçants; mais en 1711 une première fournée de sixmille est devenue nécessaire, puis une autre de quarantemille et une autre encore d’autant en 1713. Et, avant d’êtreainsi engloutis par les marais pestilentiels qui entourent lanouvelle capitale, ces travailleurs ont eu un demi-rouble depaye par mois; ils ont vécu sur le pays, en mendiants les uns,en brigands les autres. En même temps l’armée a fait aussisa consommation concurrente de vies humaines. En 17)1,

(i) Goltsef, La législation et les moeurs , Pétersb., 1896, Annexes, p. 22