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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
» Reprenez les anciennes marques de votre bon naturel, obligez» les vôtres à vous-même, donnez-moy ce consentement, avant» que de mourir, que de voir toutes choses bien remises entre» nous, afin que mon âme de'livre'e de ce corps ne soit contrainte» d’e'pandre ses ge'missemens devant Dieu pour le tort que vous» aurez souffert m’être fait ici-bas. Mais qu’au contraire, que» partant de cette captivité' en paix et concorde avec vous, elle» s’achemine avec tout contentement vers Celuy que je prie vous» bien inspirer sur mes très-justes requestes.
» A Scheffeild ce
» 28 novembre 1581. Votre très-de'sole'e plus proche parente
» et très-affectionne'e cousine,
» Marie, Reyne. ».
Ne faut-il pas avoüer que ces remontrances et ces parolesctoient capables d’amollir un cœur de tygre, et toutefois ellesne firent aucune impression sur cette âme barbare, qui, e'tantne'e par crime, ne pouvoit vivre que dans l’iniquité'.
Il est vray que l’on doit être saisy d’e'tonnement, en conside'rantou tes les particularitez de cette histoire, et il doit prendre unecuriosité' de lever le rideau du sanctuaire, de pénc'trer dans lessecrets de la Providence divine, et de voir, à travers tant d’ombreset de te'nèbres, pourquoy deux Reynes, de si diffe'rentes qualitez,sont traite'es si différemment, comme par une aveugle conduitedu hazard, qui fait que tout le mal va du côte' de la bonne, et quetout le bonheur ne semble être que pour la mauvaise. Je veuxcomparer l’une avec l’autre, et quoyque la Reyne Elizabeth soitmorte hors de la communion de la vraye Eglise, et qu’Elle aitextrêmement me'prise' et offense' la France en plusieurs occasions,l’auteur ne la traitera pas si rudement que les éloquentes plumesde Monsieur le cardinal du Perron et Monsieur du Vair l’ont manie'e. Ilse contente de dire ce qui se peut recueillir de son histoire e'eritepar Cambden, son historiographe.
La Reyne Marie e'toit d’une très-haute et très-glorieuse naissancede père et de mère ; la Reyne Elizabeth e'toit vende au monde parun crime et par un scandale qui fit ge'mir toute la chre'tiente'.Elle e'toit fille de Roy, mais d’un Roy de'bordc' et d’une mèrebasse et honteuse, à qui le Roy, son mary, fit trancher la testepour ses impudicitez. L’une avoit c'te' nourrie en France dès