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Tome I.
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PROCÈS ET MORT DE MARIE STUART

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l’àge de cinq ans, avec tant de pie'te', de sagesse et d’honneur,que l’on n’y pouvoit rien désirer; l’autre avoit rencontre' unenourriture licencieuse dans le mauvais exemple de ses parens.L’une avoit l’esprit excellent, actif et lumineux, qui tenoit desqualitez du soleil; l’autre l’avoit ruse', malin et funeste, quitenoit des conditions de la cornette. L’une s’e'toit cultive'e dansla connoissance des langues et des sciences, autant qu’il c'toitne'cessaire à une honnête femme, qui ne doit pas paroître tropsçavante; l’autre se donnoit la vanité' d’avoir e'tudie' jusques àfaire quelquefois des extravagances, comme lorsqu’Elle se mità traduire les cinq livres de « la Consolation » de Boëce, pour seconsoler sur la conversion de Henry IV. L’une parloit et e'crivoitavec une grande clarté' et une nettete' singulière; l’autre, voulantfaire la sçavante, embarrassoit ses pense'es et s’exprimoit très-mal, comme il paroît par une souscription françoise qu’Elle mitde sa main en une lettre qu’Elle e'crivit à notre Henry le Grandaprès sa conversion : « Votre Sœur, si ce soit à la vieille mode, avec» nouvelle je n’ay que faire. Élisabeth F. » Je laisse au plus francŒdipe à deviner ce qu’Elle veut dire. L’une avoit un cœurge'ne'reux, franc et crédule; l’autre malicieux, dissimule' etendurcy. L’une aymoit l’honneur auquel sa condition l’avoitobligée; l’autre avoit une furieuse et sanglante ambition, quin’épargnoit personne pour l’intérêt de sa grandeur. L’une retintune admirable constance dans la piété ancienne, pour quoy Ellefut outrageusement persécutée, sans qu’Elle relâchât jamais riende sa dévotion; l’autre prit la Religion comme un masque, sefaisant hérétique parrny les hérétiques, catholique parmy lescatholiques, car, après que sous le Règne de Marie, sa sœur,Elle eut fait une haute et solennelle profession de la foy Romaine,Elle démentit sa croyance et trahit son caractère pour autoriserl’hérésie et la rébellion contre l’Église. L’une craignoit Dieu, etse voyant veuve de François II à l’âge de dix-sept ans, Elle aymamieux subir le joug du mariage pour donner la vie à un Roy,que de vivre licencieusement et cacher des impudicitez secrettessous le voile de viduité; l’autre, qui n’avoit pas la conscience siétroite, trouva moyen d’accorder l’amour et l’ambition; Ellevécut non mariée, et non vierge, et comme on ne voudroit pasassurer qu’Elle ait mené une vie si sale et si lubrique queplusieurs ont écrit, aussy ne peut-on pas nier qu’Elle n’ait eudes favoris et des mignons, puisque Cambden, son paranymphe